Vignes et jardins

De Wikivalais

Au printemps, alors que les prés sont déjà bien verts, le vignoble fait penser pour de longues semaines encore au désert. Le sol reste pratiquement nu entre les ceps. Parmi les plantes communes les plus typiques des vignes, il y a le géranium à feuilles de ciguë et la petite linaire. Rares sont les vieux parchets peu traités qui abritent encore l’héliotrope ou la garance, autrefois cultivée pour la belle teinture rouge extraite de ses racines. Les jeunes plantations, qui ne reçoivent en principe pas de désherbant la première année, renferment surtout des annuelles d’été, des espèces banales, également répandues dans les jardins: chénopode blanc, chénopode hybride, amarantes, euphorbe réveille-matin, morelle noire, renouée des oiseaux, sétaires… Ailleurs, les herbicides ne laissent guère échapper que des plantes qui produisent plusieurs générations par année ou qui se défendent par leurs organes souterrains. A la première catégorie appartiennent par exemple la bourse à Pasteur, le séneçon vulgaire et le mouron des oiseaux; à la seconde, le liseron, la prêle des champs et le chardon des champs. A condition de ne recevoir ni traitements, ni déchets, les talus des bords de vignes peuvent offrir un réel enchantement: au printemps, les tapis roses des saponaires et les houppes jaunes du pastel des teinturiers; en été, les vigoureuses touffes d’absinthe, au feuillage glauque et amer, ou peut-être le rare chèvrefeuille étrusque. Avec leurs sentiers de bisses, leurs murs de forteresse et leurs innombrables terrasses, les vignobles des collines proches de Sion méritent le détour. Dans les endroits les plus abrités, on a planté autrefois des arbres d’Europe méridionale. Ainsi ferez-vous peut-être connaissance avec l’amandier en fleurs, le grenadier, le néflier, le figuier ou plus simplement le pêcher de vigne.

Bibliographie

  • Philippe Werner, La Flore, Martigny, 1988

Article connexe



Outils personnels