Victoire des Patriotes

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Conclusum de 1613

Sommaire

L'abolition de la Caroline

Le prince-évêque, Hildebrand de Riedmatten (1565-1604), ne profite pas de la victoire du catholicisme sur la Réforme. A partir de 1603, son manque de fermeté et de personnalité le pousse à justifier son pouvoir en faisant allusion à la « Caroline », la prétendue donation du comté du Valais, faite par Charlemagne à l'Eglise de Sion. Son successeur, Adrien II de Riedmatten (1604-1613), provocateur, prend le titre de comte et préfet de « tout » le Valais. Aussi les Patriotes profitent de l'élection de Hildebrand Jost (1613-1638) pour imposer leur loi. Du 7 au 16 octobre 1613, la Diète rédige un texte en quinze articles (Conclusum) qu'elle fait approuver par le Chapitre, qui garde le droit de proposer des candidats à l'évêché.

La capitulation de l'Evêque

Le Conclusum est une véritable capitulation pour l'évêque qui doit recevoir des mains du grand bailli les insignes de sa charge et de son pouvoir, le glaive et les clefs de la Majorie, résidence épiscopale et siège de la Diète. De plus, il ne peut s'opposer aux décisions de la Diète. Le bailli, quant à lui, peut convoquer la Diète sans en référer à l'évêque et assermenter seul le gouverneur de Monthey.

Cette capitulation modifie radicalement l'équilibre du pouvoir entre le prince-évêque et les Patriotes, par l'intermédiaire des dizains, qui à eux seuls, constituent une libre démocratie. L'évêque devient le prince électif d'un pays libre, mais l'Eglise réussit à sauvegarder l'essentiel sur le plan économique: les juridictions, les fiefs et les revenus. Les Patriotes renoncent à poursuivre leur avantage dans ce domaine. Cependant, Hildebrand Jost, après s'être révolté et n'avoir pas pu empêcher l'expulsion des jésuites en 1627, veut démissionner. Le pape s'y oppose. L'évêque subit l'assaut du clan calviniste, encore influent à Sion et à Loèche, dominé par la puissante personnalité de Mageran. Grand bailli, ce dernier exige et obtient du Chapitre et de l'évêque une nouvelle renonciation officielle à la « Caroline » le 9 janvier 1634. Le rêve plus que séculaire des Patriotes se réalise enfin: séparer le temporel et le spirituel.

Bibliographie

  • Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002

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