Végétation alpine

De Wikivalais

Le printemps alpestre est un spectacle haut en couleurs, qu’il faut avoir vu de ses propres yeux. Aux longs mois d’enneigement hivernal succède une formidable explosion de floraisons. Tout se passe très vite, avant le retour du froid. Il suffit de quelques jours pour que les pelouses blanches de crocus et de renoncules des Pyrénées deviennent jaunes de renoncules des montagnes, puis de liondents. Toutes les saisons se côtoient: c’est l’automne sur les pentes ensoleillées déjà défleuries; c’est le printemps sur les revers où les dernières corolles ne s’épanouiront qu’en septembre.

Nous désignons du nom d’espace alpin tout ce qui se trouve au-dessus de la limite supérieure des forêts. L’étage alpin proprement dit commence à la hauteur des derniers arbres, vers 2000 m dans le Bas-Valais et vers 2200-2300 m dans le Valais central. Libérées de la concurrence des arbres, les plantes basses forment des pelouses denses et continues. Ces gazons occupent dans les Alpes une surface qui n’est atteinte dans aucune autre chaîne de montagnes européenne. Ils sont entrecoupés de rochers, d’éboulis, de combes à neige et de milieux humides qui donnent à la végétation une diversité exceptionnelle.

Avec l’augmentation d’altitude, les gazons se disloquent, ne formant bientôt plus que quelques taches vertes dans les endroits favorables. C’est la base de l’étage nival, vers 2700-2900 m. Puis les plantes à fleurs disparaissent à leur tour ou ne survivent qu’en des stations très protégées. Au niveau supérieur de l’étage nival, il ne reste pratiquement plus que des lichens, des mousses et des algues. A partir de 3000-3400 m, limite inférieure des neiges pérennes, quelques-uns de ces végétaux parviennent encore à survivre à la surface des pierres. Six espèces de lichens atteignent ainsi le sommet de la Pointe Dufour à 4630 m. Quant à la couleur rouge que l’on remarque parfois sur les névés ou les glaciers, elle est due à une algue microscopique (Haematococcus viridis), résistante au froid jusqu’à – 36°C, mais pas aux températures supérieures à + 4°C!

Bibliographie

  • Philippe Werner, La Flore, Martigny, 1988

Articles connexes



Outils personnels