Végétation

De Wikivalais

Le Valais se distingue de beaucoup d’autres régions d’Europe par une extraordinaire diversité de paysages. Quel contraste entre les bords du lac Léman et le glacier du Rhône, entre la plaine habitée et les sommets déserts et enneigés à plus de 4000 m, entre les coteaux secs et les fonds de vallées humides!

Sommaire

Méthodes d'étude de la végétation

Pour mieux comprendre la description de la végétation par le botaniste, il vaut la peine de s'intéresser aux méthodes d'observation les plus courantes. Par exemple, la manière dont s'associent les plantes peut renseigner l'initié sur le microclimat et le sol, aussi bien que des analyses de laboratoire nombreuses et compliquées. De son côté, le profane saura peut-être mieux comment chercher une espèce particulière en fonction de son habitat ou, plus pratiquement, quels buissons planter dans son jardin.

Associations végétales

Dans la nature, les plantes ne se mélangent pas au hasard. Certaines espèces poussent volontiers ensemble. Elles se groupent d'une certaine manière en fonction du sol, du microclimat et des autres caractéristiques de l'endroit. Elles forment ainsi des associations végétales bien typées que l'on tente de décrire à différents niveaux, continental, régional ou local, selon le genre d'étude. Ces associations se reconnaissent à l'aspect de la végétation et à quelques espèces, dites caractéristiques, qui ne poussent que dans des conditions bien précises. Elles appartiennent elles-mêmes à des unités systématiques supérieures (alliances, ordres et classes), caractérisées par des espèces qui se retrouvent en général dans deux ou trois milieux. Les autres plantes, moins exigeantes, portent le nom de compagnes. Prenons l'exemple de la pelouse à nard raide, typique des pâturages alpins sur sol acide. Cette association se caractérise par la campanule barbue et la potentille dorée, tandis que l'alliance et l'ordre sont définis par des espèces comme le trèfle alpin, la gentiane de Koch, l'orchis vanillé, le plantain des Alpes, l'arnica et le nard raide. A cela s'ajoute une liste de 30 à 50 espèces compagnes.

Dès que le promeneur reconnaît quelques plantes typiques, il peut déjà identifier l'association, se rappeler les espèces compagnes et comprendre les caractéristiques écologiques de l'endroit. Dans ce livre, les différents types de prairies et de forêts seront distingués essentiellement au niveau des alliances.

Relèves botaniques

Pour définir les associations, le botaniste effectue des relevés. La méthode consiste à choisir une surface représentative homogène dans la végétation à décrire, par exemple un carré de 5 x 5 m en prairie ou de 20 x 20 m en forêt. Les dimensions sont fixées de telle manière que la majorité des espèces soient comprises dans le relevé. Il s'agit ensuite de dresser la liste des plantes présentes, en distinguant arbres, arbustes et plantes basses. Chaque espèce couvre un certain pourcentage de la surface de référence; ce recouvrement est estimé à l'aide de chiffres (1 à 5 % de la surface couverte: chiffre 1; 5 à 25 %: 2; 25 à 50 %: 3; 50 à 75 %: 4; 75 à 100 %: 5; moins de 1 %:+). A la fin, tous les relevés peuvent être réunis dans un seul tableau, ce qui permet de faire des comparaisons d'un milieu à l'autre ou d'une région à l'autre.

Cartes de végétation

Une fois reconnues les différentes associations ou alliances, il est possible d'élaborer des cartes très détaillées de la végétation. Dans ce genre de travail, l'interprétation des photos aériennes complète utilement les levés de terrain. Une carte de végétation peut apporter toute une série de renseignements intéressants sur les conditions climatiques locales, sur la diversité du site, sur la présence potentielle de plantes rares, sur la localisation des secteurs sensibles et sur les possibilités de les protéger. Chaque unité est généralement décrite par des relevés botaniques. Le même travail peut être répété après vingt ans ou plus, ce qui permet d'analyser objectivement l'évolution de la végétation. Seuls quelques sites importants pour la flore (Aletsch, Finges, Follatères, plaine de Gletsch…) et quelques marais (Grône, Ardon, Savièse, Ar du Tsan, Essertse sur Hérémence…) ont été cartographiés. Les résultats de ces recherches sont publiés, pour la plupart dans le «Bulletin de la Murithienne».

Bibliogaphie

  • Philippe Werner, La Flore, Martigny, 1988

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