Truite

De Wikivalais

L’image idyllique de la rivière prise dans la neige et la glace fait tout le charme des parcours de skis de fond dans la vallée de Conches, à Evolène ou à la Fouly, en amont de la prise d’eau… Difficile d’imaginer que la vie suit son cours dans ces eaux glacées. Décembre est pourtant le mois que choisit la truite pour frayer.

Deux espèce de truites indigènes habitent nos rivières : la truite fario et la truite de lac beaucoup plus grande. Cette dernière vit dans le Léman. Elle remonte les rivières pour la fraie en septembre-octobre. Les truitelles gagnent le lac vers l’âge de 1 à 3 ans. Le barrage de Lavey empêche désormais cette espèce de pénétrer en Valais au-delà du Bois-Noir. Aussi, est-ce la fario, inféodée aux rivières, que nous voyons le plus souvent. Elle peut vivre dans le Rhône, dans certains canaux et dans tous les torrents jusque vers 2000 m. Mais ce poisson au corps fusiforme, taillé pour de rapides accélérations, se laisse arrêter par les cascades et les chutes dépassant un à deux mètres de haut. Aussi, les « populations » vivant dans certaines vallées latérales – comme à Morgins ou au val de Réchy – sont-elles issues d’introductions. L’homme a ajouté aux barrages naturels des seuils de stabilisation, des prises d’eau, des assèchements, des corrections rectilignes n’offrant aucun site de repos : autant de freins à la vie des poissons.

D’ailleurs présence ne rime plus avec reproduction : pollution, gravière, vidange des dessableurs, réduction du débit se conjuguent pour envaser le lit des rivières et priver les truites des bancs de gravier où elles déposent leurs œufs. En plaine, il n’y a guère que la Pissevache, la Sarvaz, tout près de sa résurgence à Saillon, et le Russenbrunnen à Salquenen, pour offrir encore ce spectacle. Là tout près de la source qui jaillit au pied du coteau, des eaux abondantes et limpides entretiennent des bancs de graviers bien propres, libres de vase et d’algues. Les œufs y trouvent les conditions de température et d’oxygénation idéales pour se développer. Même dans les vallées latérales, les frayères sont devenues rares.

Quelques rivières hébergent encore le chabot et le vairon. Comme la truite, ces derniers recherchent des eaux rapides, limpides, fraîches et bien oxygénées. Ils souffrent tout autant que leur noble compagne des atteintes à nos rivières ; mais seul le poisson alimentaire bénéficie d’assistance sous forme d’élevages et de réintroductions annuelles. Dans certains cas, l’aide des pêcheurs tourne à la catastrophe écologique : les truites arc-en-ciel, originaires d’Amérique du Nord, plus grandes que les nôtres et incapables de se reproduire chez nous, mangent les trop rares truitelles indigènes.

La truite chasse les vairons mais se nourrit surtout des invertébrés qui vivent au fond des eaux ou se posent à la surface.

Bibliographie

  • Pierre-Alain Oggier, La Faune, Martigny 1994

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