Troubles et fin de la domination romaine

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Les troubles

Gladiateur sur une lampe à huile

La seconde moitié du IIIe siècle, avant le règne de Dioclétien (284-305), est une période d’insécurité ; le Valais semble cependant y avoir échappé. Une inscription, que l’on peut dater entre 270 et 326, signale que Junius Marinus, ancien officier de la garde impériale, meurt à Saint-Maurice, au cours d’un combat. Cette bataille a vraisemblablement opposé les troupes auxquelles appartenaient Junius Marinus aux Alamans, après que ceux-ci eurent ravagé le Plateau suisse. Les envahisseurs auraient été arrêtés vers 275-277 à Saint-Maurice, verrou que l’on peut aisément bloquer, procurant ainsi au Valais quelques décennies de tranquillité. Il en va autrement en aval de Saint-Maurice, où l’abandon partiel du site de Massongex au cours de la seconde moitié du IIIe est peut-être dû à ces troubles. On peut faire le rapprochement entre le combat où périt Junius Marinus et le martyre de la Légion thébaine, que la tradition situe à Saint-Maurice, sous le règne de Maximien (286-305 après J.-C.) ; ce corps de troupe y aurait été anéanti sur l’ordre de l’empereur, parce que ses soldats auraient refusé de marcher contre des chrétiens ou de sacrifier aux dieux païens.

La crise économique et la fin de la domination romaine

Pendant plus de trois siècles, jusque vers 350, la pax romana assure aux habitants du Valais un cadre politique, social et économique stable et structuré. Cependant, à partir du milieu du IIIe siècle, on constate un ralentissement des travaux de constructions publiques et surtout privés, même si la route du Grand-Saint-Bernard fait encore l’objet de grands aménagements puisqu’elle mène directement à la résidence impériale de Trèves et aux pays rhénans, théâtres de continuelles opérations militaires. Dès le milieu du IVe siècle, le centre urbain de Martigny commence à se dépeupler, alors que l’amphithéâtre et les sanctuaires païens, en périphérie, continuent d’être assidûment fréquentés. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce phénomène. Une crise économique sévit depuis un siècle et provoque la baisse des échanges commerciaux par la route du Grand-Saint-Bernard, moins bien entretenue et infestée de bandits. On constate, par ailleurs, un affaiblissement des pouvoirs locaux qui va de pair avec les difficultés qu’éprouvent les empereurs à assurer la sécurité de l’Empire, notamment en raison de la pression exercée par les peuples barbares sur les frontières. Enfin, on assiste à Martigny au déplacement du centre religieux, économique et politique vers le quartier de la cathédrale. Ce déplacement partiel de la population autour du lieu chrétien n’explique certainement pas tout. Une autre partie de celle-ci s’établit peut-être à Sion, bourgade alors florissante, dans une position centrale et facilement défendable. L’abandon des agglomérations se fait probablement aussi au profit de l’habitat dispersé. Dans ce contexte, l’élite valaisanne semble tirer son épingle du jeu, alors que les petites gens (paysans, artisans ou ouvriers), sont écrasés par une fiscalité réformée, soumis à l’hérédité de leur condition et peinent ainsi à survivre.

La civilisation du Haut-Moyen Age

D’une manière générale, on peut dire que le développement de la civilisation du Haut-Moyen Age s’inscrit dans la parfaite continuité de l’Empire. De nombreuses réformes sur les plans institutionnel, économique, social et spirituel sont imposées, souvent avec succès, par des empereurs comme Dioclétien (284-305) et Constantin le Grand (306-337). Les anciens habitants romanisés continuent de vivre comme auparavant. Pourtant, progressivement, des acquis de l’époque romaine tombent en désuétude (installations hydrauliques, maçonnerie pour les constructions privées…). Avec la crise économique et le morcellement de l’Empire, la route du Grand-Saint-Bernard perd de son importance et les profits liés au trafic qu’elle draine s’estompent. En partie faute de moyens financiers, on en revient à un régime de plus en plus autarcique, et les conditions matérielles de vie, pour le commun des mortels, ne doivent pas différer considérablement de celles de l’époque qui précède la domination romaine. Dans cet héritage, on relève deux faits majeurs : la christianisation du Valais et l’adoption d’une nouvelle langue qui deviendront rapidement des éléments moteurs de son histoire et de son évolution.

Bibliographie

  • Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002

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