Travaux d'infrastructure (1848-1914)
De Wikivalais.
L’archaïsme d’une vie agricole encore largement vivrière vers 1850 a d’abord été bouleversé par les grands travaux d’infrastructure entrepris au cours de la deuxième moitié du siècle. Ces chantiers sont mis en œuvre par les radicaux.
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Le réseau routier et ferroviaire
En 1851, le gouvernement de Barman décrète une loi routière qui donne l’impulsion d’une politique de développement et de rénovation du réseau routier ; en 1853, il accorde une concession à un spéculateur français, Adrien de Lavalette, pour la construction d’une ligne de chemin de fer Bouveret-Sion. Représentants d’une petite bourgeoisie directement intéressée aux affaires, les radicaux espèrent beaucoup d’une ouverture du canton qui devrait, selon le Courrier du Valais du 31 octobre 1852, « métamorphoser complètement le pays » par un afflux de voyageurs et de marchandises, une augmentation du tourisme, un développement de l’artisanat local…
Cependant, le mauvais état des finances publiques n’a pas permis aux radicaux de réaliser leur programme ; tout au plus quelques chantiers, dont celui du chemin de fer, sont-ils déjà ouverts en 1857. Les conservateurs qui arrivent alors au gouvernement vont poursuivre, bon gré, mal gré, dans la voie inaugurée par leurs adversaires.
Les bienfaits des routes et des chemins de fer ont été tant vantés qu’il n’est, dès lors, guère possible de stopper le processus. De plus, la nouvelle génération conservatrice prend goût à la spéculation et la Banque cantonale est à son service.
Malgré toutes les difficultés, notamment financières, les chantiers progressent. En été 1859, on inaugure la ligne le Bouveret-Martigny ; une année plus tard, le train arrive à Sion ; en 1868, il est à Sierre et dix ans après il fait son entrée à Brigue. Dans le même temps, le réseau routier lui aussi se développe. Les routes de plusieurs vallées latérales (val d’Anniviers, val d’Hérens, val du Trient, val d’Illiez) sont agrandies et améliorées, à l’initiative des communes le plus souvent ; dans la vallée du Rhône, plusieurs ponts sont construits, ce qui facilite les communications entre Brigue et Naters ou entre Conthey et Aproz par exemple.
L'endiguement du Rhône
A côté de ces travaux d’infrastructures routières et ferroviaires, le gouvernement conservateur met en mouvement un grand projet caressé depuis longtemps par les Valaisans : l’endiguement du Rhône. En fait, c’est une catastrophe qui en donne le déclic : au début septembre 1869, des pluies torrentielles provoquent des débordements d’une telle ampleur que la vallée est transformée en véritable lac de Conches à Martigny. Les routes et les ponts sont coupés, les cultures détruites, les villages inondés… Le Conseil d’Etat décide alors de demander l’aide de la Confédération pour des travaux d’endiguement. On peut se demander pourquoi les autorités ont attendu si longtemps avant d’agir. En fait, Berne, allouant un subside au tiers des dépenses effectuées, réclame des garanties et un droit de surveillance sur l’usage qui est fait de son argent, ingérence mal tolérée par un gouvernement habitué à utiliser l’argent public à sa guise… Les travaux de cette première correction du Rhône durent jusqu’en 1894. L’endiguement, les travaux d’assèchement et les canalisations permettent l’assainissement de quelques 7000 hectares, dont 4000 dans le Bas-Valais, en aval de Riddes. Dès lors, l’agriculture du canton va s’en trouver stimulée.
Bibliographie
- Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002
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