Transports pendant la Seconde Guerre mondiale
De Wikivalais.
Les effets de la guerre sont particulièrement sensibles dans les transports. Les véhicules sont réquisitionnés, les déplacements limités et chacun doit s’accommoder du fait que les personnes, les matériaux et les marchandises n’arrivent plus, comme par enchantement, là où il faudrait. Avec l’aide de la Confédération, le canton poursuit l’extension et l’amélioration des réseaux ferroviaires, routiers et, bientôt, téléportés. Cependant, les pénuries de toutes sortes frappent de plein fouet tout ce qui roule. Pendant quelques années, les routes et les chemins valaisans retrouvent un aspect bucolique qu’ils avaient commencé de perdre.
De belles routes...
En 1939, les stratèges militaires et les autorités civiles héritent d’un réseau de transport en pleine évolution. A côté des chemins de fer qui assurent la plus grande part des transports, le réseau routier se densifie. Depuis 1927, la Confédération et le canton soutiennent fortement l’amélioration des voies d’accès aux régions de montagne. Ces aides, combinées aux mesures pour lutter contre le chômage, transforment les antiques pistes à chars et les chemins muletiers en routes carrossables.
L’artère Saint-Gingolph – Brigue et les routes alpestres du Simplon et de la Forclaz font l’objet de soins attentifs. Des moyens plus importants sont consacrés à la correction du Grand-Saint-Bernard et, surtout, à la construction de la route de la Furka qui est le grand chantier de la période.
L’entretien ordinaire est ralenti par la flambée des coûts. Entre 1939 et 1943, la main-d’œuvre augmente de 65%, les transports de 110% et le prix du bitume est multiplié par 10. Aussi, les travaux d’entretien en restent aux moyens classiques. Pour lutter contre la dégradation et la poussière, les cantonniers épandent des tonnes de chlorure de calcium sur les 680 km de route qui sont encore en terre damée ; ils rafraîchissent avec du goudron-benzol les deux bandes de roulement qui facilitent le passage, en forte baisse, des véhicules à moteur.
...Moins fréquentées
Avec les réquisitions et les restrictions imposées par l’économie de guerre, le parc des véhicules en circulation se réduit comme peau de chagrin. Bientôt, le carburant manque. Un rationnement strict est institué. En 1941, il touche aussi les ersatz : gaz de bois, charbon, carbure, alcool méthylique… Et, pour compléter ce sombre tableau, la crise des pneumatiques est aiguë à partir de 1942.
Pour assurer les transports civils indispensables, le canton crée cinq communautés de transports automobiles qui doivent assurer le ravitaillement des villages, le déblaiement de la neige, les transports du bois et des récoltes (22 375 tonnes de fruits et légumes en 1943 !) L’avenir immédiat réside dans la diversification des moyens de transport. Le parc des cycles, très appréciés de la nouvelle génération, monte en flèche. De 18 221 en 1938, leur nombre passe à 28 084 en 1942. Déjà, ils sont victimes de leur succès. A partir de 1943, leur extension est freinée par la difficulté d’obtenir les permis pour remplacer les pneus et les chambres à air. N’empêche qu’ils sont très convoités. A tel point que, pour enrayer les vols de bicyclettes, le Conseil d’Etat introduit, le 13 novembre 1942, le permis de circulation obligatoire pour les bécanes.
Reste la force animale. Celle des chevaux et des mulets, au service de l’armée, n’est pas garantie. En 1940, le colonel Jacky, spécialiste du cheptel valaisan, préconise un entraînement intensif des bovins dans l’art de tirer les chars et la charrue. A la fin de la guerre, toutes ces bonnes idées tombent d’elles-mêmes quand les voitures et les camions retrouveront, avec l’essence revenue, l’énergie pour assurer des transports confortables et sûrs.
Revers de la médaille : les accidents de la circulation suivent la même courbe que celle des véhicules. De 371 en 1938, les accidents étaient tombés à 182 en 1941 – la plus grande cause étant l’excès de vitesse de cyclistes ! En 1946, il y en a déjà 535, ce qui nous vaut cette constatation désabusée du responsable : « Beaucoup de conducteurs manquent de prudence, de sobriété et de respect pour la vie du prochain ». Une nouvelle ère a déjà commencé.
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