Tanay
De Wikivalais.
Situé en rive gauche du Rhône, à cinq kilomètres à vol d’oiseau des rives du Léman, le vallon de Tanay surplombe la plaine alluviale, à plus de 1400 mètres d’altitude. On y trouve un important réseau de grottes, bien connue des spéléologues.
Sur le flanc nord du vallon, à l’altitude de 1750 mètres environ, à deux kilomètres à l’ouest du lac de Tanay, deux cavités, la Grande et la Petite Barme sont réunies l’une à l’autre par un étroit boyau. Un grand nombre d’ossements d’ours des cavernes ainsi qu’une lame en silex ont été découverts dans la grotte la plus grande. A l’est, au pied du massif des Jumelles, une autre cavité appelée la grotte des Crosses est d’accès difficile, mais l’intérieur est vaste et constitue ainsi un abri spacieux que fréquente encore utilisé aujourd’hui par les bergers et les chamois. Des ossements animaux y ont été mis au jour, mais en revanche, aucun témoin de la présence de l’homme préhistorique n’a été décelé.
En 1987, à l’occasion de campagnes de prospection archéologique, un abri sous riche, appelé Sur les Creux, de plus de 35 m2 de surface, exposé au sud à été repéré à une centaine de mètres à l’ouest de la Petite et Grande Barme. Divers fragments d’ossements animaux (ours, cervidés) et des éléments en pierre taillée attribués au Paléolithique moyen ont été récoltés.
Le vallon de Tanay est un jalon important sur la carte du peuplement de l’arc alpin par les chasseurs moustériens, situés entre les gisements découverts dans la région du Säntis et les grottes de Haute-Savoie. L’abri Sur les Creux, en particulier, a servi de gîte aux chasseurs de la fin du Paléolithique moyen, il y a plus de ans. Ces occupations paléolithiques saisonnières en haute montagne correspondent à une phase tempérée entre deux cycles glaciaires würmiens.
Outre la présence de l’ours des cavernes, hôte habituel de ces tanières aux cours du Pléistocène, celle des herbivores comme les cervidés semble vraisemblablement liée aux activités de chasse des Néandertaliens qui ont séjourné dans l’abri.
Bibliographie
- Premiers hommes dans les Alpes, 50 000 - 5000 av. J.-C., Sion, 2002
Articles connexes

