Suprématie de la technique (1965-1985)

De Wikivalais.

Les activités économiques, la vie domestique, le monde des loisirs subit l’influence croissante de la technique, des modèles industriels et urbains. Le phénomène est particulièrement marqué dans les communes agricoles brusquement confrontée au développement touristique.

Sommaire

L'agriculture : profession ou activité accessoire ?

De multiples possibilités de gain, la vente de terrains dans les communes touristiques ou périurbaines, des rentes AVS plus généreuses remettent en question la poursuite d’une agriculture de subsistance. Dans ce contexte, les exploitations de taille moyenne, majoritaires jusqu’alors, diminuent massivement, en entraînant des conséquences directes sur le cheptel ou l’environnement villageois, qui compte de plus en plus de ruraux désaffectés. La mécanisation fait son apparition et les paiements directs versés par la Confédération remplacent les subventions à la production. Ils compensent le manque à gagner et permettent de reconnaître la contribution de l’agriculture au maintient des paysages de montagne. Les campagnes sont remodelées par les remaniements parcellaires, l’ouverture de nombreuses routes de desserte et l’emprise des monocultures. Les rendements des cultures fruitières et maraîchères doublent entre 1965 et 1985. L’utilisation massive de produits chimiques, des pesticides principalement, une approche scientifique de la sélection des semences et des animaux caractérisent la troisième révolution agricole. Elle s’accompagne d’une marginalisation du monde paysan.

Une diversification industrielle

Dès le milieu des années 1960, les regroupements industriels accroissent la puissance des entreprises multinationales. Cette concentration touche leurs filiales valaisannes : après la fusion de Ciba et Geigy (1970), celle d’Alusuisse et de Lonza (1973), élaborée dans le plus grand secret, prend au dépourvu le Conseil d’Etat valaisan tout comme les cadres et les travailleurs de l’entreprise. Disposant d’une main-d’œuvre abondante et bon marché, de terrains avantageux, d’un réseau de voies de communication convenable, d’une législation propice, le Valais est favorable à l’implantation de petites et moyennes entreprises industrielles, artisanales ou commerciales actives dans les domaines où les frais de transports ne représentent pas une charge excessive.

Une conjoncture favorable à la construction

Construction d'un bâtiment, Sion, 1963

Par l’abondance d’argent prêté avec facilité, la hausse de la valeur des terrains ou celle des coûts de construction, l’économie suisse tend à la surchauffe à la fin des années 1960. En Valais, les commandes publiques ou privées entraînent un boom immobilier dans les centres régionaux et les communes touristiques. L’urbanisation constitue la modification essentielle de l’espace habité. Ce processus s’est accompli dans une certaine anarchie sous les contraintes cumulées de la démographie, de l’économie et de la circulation automobile. En 1970, le secteur secondaire – 44% de la population active – concentre le plus grand nombre de travailleurs occupés en Valais. Les mesures fédérales destinées à lutter contre la surchauffe vont cependant freiner la construction. La crise pétrolière et la récession de 1975 aggrave la situation. La relance est assurée ultérieurement par les commandes des pouvoirs publics et des particuliers. Les grands moyens investis par les autorités dans les infrastructures routières ou la construction de bâtiments destinés à l’administration, l’instruction et la santé, placent les entreprises dans une situation de dépendance vis-à-vis des pouvoirs publics.

L'expansion des activités tertiaires

A partir des années 1975, on note une expansion des activités tertiaires. L’expansion du secteur secondaire, liée à l’accroissement de la population, à une augmentation du pouvoir d’achat ainsi qu’à une évolution du mode de vie, fait exploser la demande de services personnels. Les activités commerciales et bancaires, les services et l’industrie touristique crée de nombreux emplois. Dès 1980, c’est le secteur tertiaire qui occupe une position dominante en Valais.

L'Etat : un employeur

L’Etat, par ses implications croissantes dans la formation et la santé, devient un employeur important. En 1962, la législation cantonale développe des structures scolaires et sanitaires destinées à répondre à l’accroissement de la population autant qu’à l’évolution de la société. L’accent est mis sur la modernisation des hôpitaux, la création de services médico-sociaux et l’ouverture de foyers et de homes pour les handicapés et les personnes âgées.

Le réseau routier et ferroviaire

Le réseau routier aussi se développe. Il bénéficie des infrastructures mises en place par les sociétés hydroélectriques. Il est aussi densifié par une option de développement des transports qui vise à augmenter l’accessibilité de la Suisse aux touristes motorisés. La réalisation du réseau autoroutier ainsi que les aménagements ferroviaires du Lötschberg et les améliorations de la ligne du Simplon contribuent à relier le Valais aux axes de communication internationaux générateurs de flux touristiques.

Bibliographie

  • Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002

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