Structures et affleurements

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Les couvertures se sont empilées les unes sur les autres, formant les trois ensembles Autochtone, Helvétique et Ultrahelvétique.


  • Sur les socles cristallins, l’Autochtone forme une enveloppe continue, manquant seulement là où l’érosion l’a fait disparaître pour mettre les socles à nu. On trouve donc l’Autochtone en Bas-Valais en aval de Saillon et, en Haut-Valais, en amont de Loèche.
  • Les nappes helvétiques occupent en Valais central le centre de la dépression axiale du Rawyl.
  • Enfin, l’Ultrahelvétique, posé sur l’Helvétique est également largement accumulé au front des nappes helvétiques.

Sommaire

Le Parautochtone

L’Autochtone ayant subi des plissements qui peuvent aller jusqu’à la formation de véritables nappes de recouvrement, les spécialistes emploient plus volontiers le terme de Parautochtone (presque autochtone) que le terme d’Autochtone.

Il existe deux cas fort dissemblables des structures de ce Parautochtone. Une de celles-ci représente une coupe à travers un grand pli couché qui est la nappe de Morcles, tel qu’il se présenterait si aucune érosion ne s’était produite. Cette nappe prit naissance lorsque les deux massifs des Aiguilles-Rouges et du Mont-Blanc se rapprochèrent, éjectant le contenu sédimentaire du golfe qui les séparait. L’autre situation se trouve à l’endroit où le Parautochtone n’est que peu désolidarisé de son socle, si ce n’est pour former un gros pli qui a reçu le nom de nappe du Doldenhorn par symétrie avec la nappe de Morcles, mais qui est loin d’en avoir l’importance. Il s’agit de la situation sur le massif de l’Aar.

Les nappes helvétiques au sens strict

Sorties du bassin situé au sud-ouest du Mont-Blanc et de l’Aar, les nappes helvétiques sont totalement désolidarisées de leur socle cristallin. A la différence de la nappe de Morcles, elles sont dépourvues de flanc renversé, remplacé par un plan de chevauchement, à savoir une surface le long de laquelle les masse rocheuses ont glissé. Pour le reste, ces nappes peuvent aussi être schématisées par l’empilement de trois gros anticlinaux, le plus bas étant la nappe des Diablerets, les deux autres, la nappe du Wildhorn. Les terrains les plus anciens (Trias) n’apparaissent que dans la partie la plus interne de la nappe du Wildhorn: ce sont les affleurements d’évaporites du plateau de Savièse.

Le style des plis change rapidement. Sur quelques kilomètres, de gros plis lourds sont remplacés par des plis fortement étirés.

Les nappes ultrahelvétiques

Ce sont évidemment les structures les plus complexes, puisqu’elles ont subi l’histoire la plus longue avec des épisodes multiples et il serait fastidieux d’entrer dans le détail de leur complexité. Au front des nappes helvétiques, elles ont un rôle morphologique important, car ces terrains tendres, facilement érodés, y déterminent une zone basse dite zone des cols (col de Bretolet, col du Pillon). Les oiseaux profitent de cette zone basse longeant les hautes Alpes calcaires: le col de Bretolet est plus connu par ses migrations que par sa géologie.

Cet Ultrahelvétique a connu encore un avatar dont nous n’avons pas parlé jusqu’à maintenant. Il reçut en effet, sur son dos, des nappes de couverture pennique qui arrivaient du sud (sans doute avant le plissement des nappes helvétiques). Grâce à la plasticité de ses assises marneuses, l’Ultrahelvétique servit de lubrifiant, favorisant le déplacement de ces nappes vers le nord-est. Or, un peu de ce lubrifiant fut chassé vers l’avant: on le retrouve coincé entre la Molasse (qui est autochtone) et les couvertures penniques charriées. L’Ultrahelvétique n’affleure pas en Valais dans cette position frontale, ou peut-être sous les eaux du Léman, mais ailleurs il forme un premier chaînon de faible altitude: les Voirons en Savoie, les Pléiades-Niremont au nord du lac.

Bibliographie

  • Marcel Burri, Les roches, Martigny, 1994

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