Solidarités agissantes (1848-1914)

De Wikivalais.

D’une manière générale, l’intégration politique du Valais à la Suisse paraît en partie contrainte et forcée. Mais elle ne se vit pas uniquement sur ce mode. Une solidarité des élus du Sonderbund vaut aux élites conservatrices du canton un appui des autres catholiques suisses. Le Piusverein en est l’un des vecteurs.

Sommaire

Le Piusverein

Pèlerinage

Fondée en 1857, cette association politico-religieuse compte des membres dans tous les cantons catholiques. Une première section est crée à Sion en 1861, bientôt suivie de six autres, réparties dans le canton. A l’image des conseillers d’Etat Henri de Torrenté, Henri Bioley, Joseph Kuntschen ou Antoine Ribordy, la plupart des hommes politiques valaisans en font partie. Le Puisverein contribue à sortir le Valais de son isolement, par le biais de grandes manifestations populaires par exemple, comme celle qui en 1874 réunit plus de 20000 personnes à Saint-Maurice pour écouter les discours des évêques de Fribourg, de Bâle et de Sion réunis pour l’occasion. Surtout, le Piusverein contribue à dégrossir une partie des élites valaisannes ; en leur faisant parvenir la rumeur de discussions nouvelles, mais légitimées par la hiérarchie catholique, comme la question sociale, il les oblige à lever le nez des seuls conflits locaux, à élargir leur horizon.

La vieille garde politique valaisanne reste toutefois réservée sur ces « nouveautés » - ne serait-ce que parce qu’à ses yeux, le canton n’est pas concerné par ces problèmes puisque la « classe ouvrière valaisanne est essentiellement agricole »…

Une nouvelle génération soucieuse de la question sociale

Mais au début du siècle, une génération de jeunes prêtres se montre convaincue de l’importance de la question sociale. A Saint-Maurice, le chanoine Joseph Mariétan crée un Cercle d’études sociales, avant de prendre en mains, en 1905, les destinées de la section valaisanne de l’Association catholique populaire suisse qui encourage la création de caisses de secours et de caisses Raiffeisen…

L'oeuvre Saint-Augustin

A Saint-Maurice, en collaboration avec Marie Sidler, le chanoine Louis Cergneux fonde en 1906 l’Oeuvre Saint-Augustin, une communauté religieuse qui, dans une perspective apostolique, accorde un intérêt tout particulier à la presse. Avec sa librairie et son imprimerie, l’Oeuvre se concentre sur quelques publications à diffuser d’abord dans tout le canton puis même au dehors. Nommé à la tête de l’Abbaye en 1914, Mgr Joseph Mariétan va accaparer cet intéressant programme de propagande, au prix de son ancienne amitié avec Cergneux. En 1934, l’Oeuvre se lancera dans l’édition et publiera notamment des ouvrages de Maurice Zundel et du futur Cardinal Charles Journet. Avec le collège de l’Abbaye, l’Oeuvre Saint-Augustin contribue à la réputation intellectuelle dont jouira Saint-Maurice durant l’entre-deux-guerres.

Bibliographie

  • Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002

Articles connexes