Société valaisanne pendant la Seconde Guerre mondiale

De Wikivalais.

La Suisse est l’un des derniers Etats modernes à se doter d’une sécurité sociale. En gestation depuis des décennies, des mesures générales en faveur des catégories fragilisées de la population sont élaborées ou mises en application durant la Seconde Guerre mondiale. La nécessité de maintenir la cohésion sociale implique des actions importantes qui visent à soutenir les familles. Par ce biais, l’Etat joue un rôle essentiel si ce n’est dans la redistribution des richesses, du moins dans le maintien du pouvoir d’achat de la population.

Des institutions nouvelles...

La mise en place des institutions sociales se fait par étapes. A la faveur de l’état d’urgence, la Confédération prend une série de mesures qui vont améliorer la vie des milieux modestes. En décembre 1939, le Conseil fédéral institue des allocations pour perte de gain en faveur des mobilisés et crée les caisses de compensation. Dès février 1940, celle du Valais entre en activité et va, de mois en mois, servir des montants importants aux familles des soldats. De 3,2 millions par année en 1940-1942, les allocations distribuées montent à 5,6 millions en 1943 et à 7,2 millions en 1944 (1 kg de pain = 0,55 Fr). D’autres mesures, dont des allocations aux paysans de montagne, viennent compléter les ressources des ménages.

La Caisse cantonale de compensation ne ferme pas ses guichets au retour de la paix. Dès le 1er janvier 1946, elle est chargée de la mise en application du Régime transitoire de l’AVS. En cours d’année, la caisse envoie 94 359 mandats aux 10 737 bénéficiaires pour un montant de Fr. 3 282 194,40. De quoi mettre du beurre dans les épinards !

L’action en faveur des familles ne se limite pas aux lois et aux chiffres. Elle se traduit aussi par une nouvelle approche de la vie quotidienne dans ce qu’elle a de plus basique : la formation des mères.

... pour les familles

Préparation du beurre, Martigny, 1942

Pendant la guerre, la politique familiale débouche sur des réalisations concrètes. Assurance-maladie obligatoire et allocations familiales, réclamées depuis longtemps, deviennent réalité. Des indicateurs montrent qu’on est en phase avec les comportements. Les Valaisans se marient davantage en 1945 qu’en 1939 (+30%) ; ils ont aussi plus d’enfants (+25%).

Soucieux d’améliorer les conditions de vie, les pouvoirs publics misent sur la formation des futures mères et développent en conséquence les écoles ménagères. Il n’y en a que 28 en 1939. Brûlant les étapes, le Département de l’instruction publique organise, à partir de 1941, des cours ménagers ambulants ainsi que des démonstrations. Par ce moyen, « il y aura la possibilité de donner à nos populations plus d’ordre, à nos villages plus de propreté et à nos foyers plus de bonheur ». Un témoignage d’enseignante confirme que certains terrains sont encore en friches : « Imaginez-vous des jeunes filles qui n’ont jamais pelé un autre légume que des pommes de terre, qui n’ont jamais cassé un oeuf, jamais vu d’autres ustensiles qu’une casserole, qui ne connaissent, ni le goût ni l’odeur, ni la couleur d’une simple soupe aux légumes » (DIP, 1946).

Les premières maîtresses ménagères terminent leur formation en 1946. Elles ont du pain sur la planche, car « la préparation de la jeune fille à sa vocation de mère de famille » est bien un défi à la hauteur des changements sociaux de l’époque.

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