Société et économie sous la Restauration
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La société valaisanne de la première moitié du XIXe siècle présente une relative homogénéité.
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La population
Sous le régime de la Restauration, les conditions d'établissement sont restrictives; elles font du Valaisan établi hors de sa commune d'origine un étranger aux droits limités. La population des communes est divisée en catégories d'habitants aux droits et aux devoirs spécifiques: les bourgeois ou communiers, et les non-communiers ressortissants du canton ou non valaisans. Alors que les charges pèsent sur l'ensemble de la collectivité, seuls les bourgeois ou les communiers établis dans leur commune d'origine jouissent de l'intégralité des droits civiques et civils ainsi que la liberté de commerce et d'industrie. Au terme de la Constitution de 1815, ne sont reconnus citoyens que « ceux qui sont, ou se feront à l'avenir, recevoir bourgeois ou communiers, dans une bourgeoisie ou commune quelconque. Sont exceptés, ceux qui auraient été reçus depuis 1802 à 1811 bourgeois ou communiers, sans avoir préalablement obtenu les lettres de naturalisation prescrites par la loi ». Les étrangers peuvent devenir bourgeois ou communiers, mais seulement après avoir été naturalisés par la Diète. La législation valaisanne est orientée vers une protection des indigènes contre la pénétration étrangère.
Les non-bourgeois
L'intégration des non-bourgeois à la commune ne s'opère que très progressivement à la faveur d'une libéralisation des conditions d'établissement et d'une restriction de la procédure d'expulsion, accompagnées d'une reconnaissance limitée des droits politiques. Les communes répugnent à accueillir de nouveaux membres; elles redoutent en particulier de nouvelles charges d'assistance. A trois reprises, la Diète va tenter de régulariser par une incorporation facilitée la situation des habitants établis de longue date, mais qui ne répondent pas aux critères constitutionnels de citoyens.
L'économie
Le Valais traverse une période de marasme. L'agriculture suffit à peine à subvenir aux besoins de la population valaisanne. La plaine du Rhône, marécageuse et régulièrement ravagée par les crues, est en grande partie impropre à la culture. Les éleveurs n'ont pas les moyens de lutter contre les épizooties et l'agriculture n'est pas soutenue par le gouvernement.
Le commerce de transit est en récession ; les marchandises délaissent le Simplon car le roi de Sardaigne a imposé des taxes pour le passage de celles-ci. De plus, le Valais importe trois fois plus de marchandises qu'il n'en exporte (vers Vaud et le Royaume Sarde). Il importe du sel, des bestiaux, des denrées coloniales, des vins, des textiles, des fourrures et des pelleteries, du fer et de la mollasse.
Quelques petites entreprises commencent à se développer autour de l'exploitation et de la transformation de la matière première locale (mines de fer, forges, papeteries, imprimeries, verreries, poudreries, tanneries, ateliers de travaux sur métaux, industries du tabac…), mais les transformations économiques sont lentes.
La situation du peuple est dure. Beaucoup de Valaisans salariés ne peuvent subvenir à leurs besoins. A chaque montée des prix, une partie de la population tombe à la charge de l’assistance publique. Le nombre de mendiants et de délits de justice ne cesse de croître.
Service étranger et émigration
La précarité des conditions de vie pousse les Valaisans à s'expatrier. Le service étranger est un moyen d'échapper à la misère. Ce n'est que vers 1835 que des voix s'élèvent contre ce recrutement et proposent d'occuper les bras inactifs au défrichement des terres incultes. L'émigration pour les pays outre-mer commence également à offrir un réponse au paupérisme, ainsi après la disette de 1817. Ce ne sera qu'au cours de la deuxième moitié du XIXe que le phénomène de l'émigration se développera.
La politique
Sur le plan politique, le Valais est dirigé par une oligarchie hiérarchisée. Dans le Haut-Valais, les classes dirigeantes se composent des « aristocrates », considérés comme les partisans d'un pouvoir absolutiste, et des « démocrates », qui appuient leur autorité de type oligarchique sur le peuple. Ces deux castes constituent un front traditionaliste. Dans le Bas-Valais, la classe politique apparaît moins homogène.
La société
Il faut cependant mentionner que le peuple valaisan n'est pas une entité politique constituée. Son hétérogénéité est trop importante. En raison de la dispersion des populations rurales, de la compartimentation des habitants et des différences de mentalité liées notamment à la langue, la société civile n’est pas organisée. De plus, la pression cléricale et l’oligarchie restreinte sont des facteurs d'immobilisme importants.
Bibliographie
- Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002
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