Société et économie aux XIVe et XVe siècles

De Wikivalais
Retable de saint Nicolas de Myre

L’évolution économique qui se produit en Valais au XIVe siècle a été rendue possible par d’importants changements démographiques ; ils ont représenté pour une partie de la population valaisanne des occasions de modifier certaines pratiques économiques.

Vers 1300, au terme d’une croissance démographie commencée au XIe siècle, le Valais est devenu, comme maintes régions d’Europe occidentale, un « monde plein », un monde dans lequel le nombre des habitants correspond au maximum des possibilités nourricières d’une économie agro-pastorale de montagne. Dans les années 1320, on observe même une situation de surpopulation, qui provoque un appauvrissement global et le début d’une récession démographique.

Sommaire

La peste

En 1349, la peste fait irruption dans ces montagnes, puis répète ses assauts violents jusque dans les années 1420. Cela va atténuer puis supprimer la tension entre population et ressources. La diminution drastique du nombre des bouches à nourrir permet à certains paysans aisés de transformer une partie des terres arables en herbages de qualité, arrosés par des bisses et soigneusement cultivés. Il devient alors possible pour ces gens d’élever des vaches bien plus nombreuses et cela dans un but commercial : ils renforcent ainsi leur assise socio-économique et, du même coup, leur influence politique au sein de la communauté villageoise. Deux choses importantes ne doivent cependant pas être oubliées. D’une part, le développement de l’élevage bovin après les grandes épidémies n’a rien de proprement alpin ; d’autre part, les paysans modestes continuent, plus difficilement certes, à élever des moutons et des chèvres pour la subsistance familiale.

L'évolution démographique

La situation change depuis le milieu du XVe siècle, lorsque la tendance démographique redevient positive. On sait qu’en Valais, entre 1350 et 1375, au pire de la peste, il n’y avait que 1,45 enfants pour remplacer le couple de leurs parents. Ce chiffre monte à 3,36 entre 1550 et 1575 ; il est même supérieur à 4 dans les paroisses d’altitude ! A ce rythme, les vides créés par les épidémies se comblent rapidement.

L'évolution économique

En partie transformées en prés de fauche, les terres céréalières ne suffisent plus pour nourrir cette population en pleine re-croissance. On ne constate cependant pas de signes de difficultés alimentaires importantes. Des moyens ont donc été trouvés pour nourrir plus de monde en exploitant un milieu moins « libre » qu’auparavant. On a par exemple rendu cultivables des terrains très pentus (terrassements), donné plus d’importance aux très nourrissantes légumineuses et, peut-être, amélioré un peu les techniques agricoles et les rendements.

La société

Au niveau de la société, on doit imaginer un durcissement de la situation. Les paysans éleveurs de bovins ont sans doute tout fait pour maintenir leur situation économique et politique avantageuse. A l’autre extrémité de l’éventail social, le nombre des paysans pauvres augmente indubitablement.

Bibliographie

  • Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002

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