Situation bloquée à la fin du XVIIIe siècle

De Wikivalais.

A la fin du XVIIIe siècle, le Valais est un Etat indépendant qui occupe la haute vallée du Rhône. Le pouvoir y est exercé par la Diète, qui réunit, ordinairement deux fois par année, les délégués des communes regroupées en sept dizains (Conches, Brigue, Viège, Rarogne, Loèche, Sierre, Sion).

Sommaire

Le fédéralisme et la démocratie

Proclamation du Directoire exécutif

Au fil des ans, fédéralisme et démocratie directe ont évolué mais se sont en partie vidés de leur contenu. Ce sont les membres des familles dirigeantes qui remplissent les fonctions publiques importantes et qui en retirent les avantages; ce sont les pensions liées au service mercenaire étranger, l'affermage de quelques produits et les revenus tirés du pays sujet, le Bas-Valais, qui permettent de contrebalancer les faibles dépenses d'un système qui réduit le gouvernement central à l'expédition des affaires courantes.

Les habitants du Bas-Valais, bénéficiant comme les habitants du Haut-Valais d'une certaine autonomie communale, ont fait preuve d'une relative docilité depuis leur soumission en 1475 et 1536. Toutefois, seule une élite locale peut occuper les postes accessibles et contrôler la vie publique. Ces charges qui sont en quelque sorte héréditaires, s'exercent avec l'appui du souverain et sous la surveillance de fonctionnaires nommés par la Diète.

L'influence de la révolution française

Sous l'influence de la Révolution française, le système politique en place doit faire face à des révoltes. Il arrive à étouffer celle de 1790, entreprise par les Bas-Valaisans afin d'améliorer leur statut de sujets. L'échec est total pour les Bas-Valaisans. Les communes de l'Entremont, de Martigny et de Conthey se dérobent et font soumission en échange de vagues promesses qui ne seront jamais tenues. A Saint-Maurice et à Monthey, le clergé et les notables canalisent le soulèvement et le réduisent à des demandes de réformes. Mais les Sept Dizains reprennent le contrôle et se contentent d'humilier les principaux responsables des troubles. En 1791, les souverains se montrent impitoyables dans la répression de la « Conjuration des Crochets ». Quelques récidivistes de 1790 sont arrêtés, jugés, condamnés à de lourdes peines. Cinq d'entre eux sont remis à l'exécuteur de la haute justice pour être, soit pendus et étranglés, soit décapités, « pour servir de salutaire exemple aux méchants dans ces tristes temps pleins des plus désastreuses révolutions ».

Le Bas-Valais

Il ne peut donc guère compter sur ses propres forces pour se libérer de la domination haut-valaisanne. Cependant, en 1798, une armée française est aux frontières de la Suisse, prête à soutenir les mouvements d'émancipation des pays sujets. Les Bas-Valaisans suivent alors l'exemple des Vaudois et les communes se proclament à la fin du mois de janvier 1798 « affranchies de toute dépendance par la plantation de l'arbre de liberté ». Puis, elles s'érigent en Etat indépendant et instituent un comité général. La République des Sept Dizains est donc ébranlée par les revendications diffuses du Bas-Valais, par les idées de la Révolution et par un environnement extérieur favorable. Dès mars 1798, un nouveau régime est instauré et l'unité du Valais se recrée autour d'une constitution calquée sur celle de la France. C'est le début d'une période agitée.

Bibliographie

  • Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002

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