Service étranger au XVIIIe siècle

De Wikivalais.

A l’instar des autres cantons suisses, le Valais participe activement au service étranger tout au long de l’Ancien Régime et même au-delà.

Le simple soldat fait difficilement fortune à l’armée. Sa maigre solde suffit tout juste à le nourrir et à entretenir son matériel. Lorsque l’uniforme et l’armement ne lui sont pas remis gratuitement lors de son engagement, leur remboursement l’endette à long terme. En fait, le seul bénéfice net du service étranger, ce sont les pensions versées à l’Etat valaisan, dont profitent les différentes autorités laïques, et même ecclésiastiques du pays. Ces pensions représentent un apport en monnaies d’or et d’argent indispensable au commerce international. Quant aux officiers, ils ne sont mieux lotis que si leurs compagnies ne sont pas engagées dans des combats trop meurtriers.

Sommaire

L'engagement

Les causes de départ pour un séjour à l’armée sont multiples. Des raisons affectives, comme le fait de partir entre camarades ou entre cousins, ainsi que des facteurs moraux comme l’attitude asociale et le libertinage, jouent un rôle tout aussi important que les facteurs économiques. Quant au patricien, il s’y engage pour diverses raisons : c’est un moyen d’obtenir quelques revenus supplémentaires, une obligation familiale, ou enfin une possibilité offerte de se couvrir de gloire sur les champs de bataille et d’obtenir ainsi des distinctions honorifiques. Les récompenses peuvent aller jusqu’aux titres de noblesse.

Son influence

Dessus de porte de la Maison Pancrace de Courten, Sierre

Il influence indirectement l’intégration des patriciens bas-valaisans au sein de l’aristocratie du Haut-Valais. Le roi de France, en 1767, prend l’initiative de limiter le nombre des compagnies réservées à des officiers bas-valaisans à cinq sur dix-huit. Ceux-ci décident alors d'acquérir le statut de franc-patriote, en payant et en prenant un domicile dans le territoire des Sept Dizains. En général, les officiers choisissent la capitale pour lieu de résidence et en deviennent bourgeois. La culture bas-valaisanne se renforce donc dans le Valais central. De plus, le service étranger s’effectue en priorité pour le compte du roi de France. L’élite haut-valaisanne se familiarise ainsi de plus en plus avec la culture française, dont la période de gloire est incontestablement le XVIIIe siècle – le siècle des Lumières. L’influence de la France et de sa langue conquiert les Sept Dizains : le français est désormais parlé volontiers par les élites haut-valaisannes, car il constitue un signe de raffinement. Dans un environnement de plus en plus francophone, les enfants eux-mêmes rechignent à parler allemand, comme le rapporte en 1804 Eugénie de Courten à son mari Eugène, alors au service de France, au sujet de son fils de sept ans : « il commence à gazouiller l’allemand avec les gens qu’il sait ne point connaître d’autre langue ; il comprend tout, mais il a fallu que je lui représente combien cela te fera plaisir qu’il parlât allemand pour en obtenir quelque mot ; je l’assure que c’est un petit sacrifice qu’il te fait, car il n’aime point cette langue, la langue de son pays natal ».

Bibliographie

  • Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002

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