Savoirs religieux au Moyen Age
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Religion unique de l'Occident médiéval, le christianisme représente un cadre de référence important pour définir ce que pouvait être la vision du monde des Valaisans aux XIVe et XVe siècles.
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Dieu et les hommes
Dans la Genèse, les relations entre Dieu et les hommes sont dites en termes de paternité et de filiation ; les chrétiens forment une fraternité dans laquelle doit régner la paix. La vie terrestre de l'homme prépare à une vie éternelle, près de Dieu, dans le Paradis, ou à une vie sans Lui, dans l'Enfer; le Purgatoire donne cependant la possibilité de gagner finalement le Paradis après un temps de souffrance rédemptrice, avec l'aide des prières des vivants et l'intercession des saints. Cette doctrine entretient un fort sentiment de sécurité individuelle et collective auprès de personnes qui se perçoivent comme enfants d'un Dieu puissant et protecteur. Il ne faut cependant pas sous-estimer le sentiment de crainte, voire d'angoisse, que peut engendrer un enseignement en partie fondé sur la peur du Jugement dernier.
La religion
La religion des Valaisans est, au bas Moyen Age, celle d'une population alpine constituée pour l'essentiel de paysans-éleveurs, et non pas celle d'un clergé théologiquement formé. On connaît bien les cadres institutionnels et matériels de la vie religieuse, mais on ignore tout des prédications des curés ou des prêcheurs itinérants, ainsi que de la manière dont les ouailles comprenaient les cérémonies liturgiques. Le clergé paroissial constitue le premier point d’achoppement d’une réflexion sur la foi des laïcs ; il faut s'interroger sur ses aptitudes à donner l'exemple et à communiquer avec des gens qui, pour la plupart, ne savent pas lire ni écrire. Les documents sont contrastés : certains nous montrent que les communautés tiennent à disposer de prêtres compétents, d'autres que la moralité et les compétences d’une partie du clergé paroissial sont très douteuses. Comme les prêtres mènent une existence matérielle inextricablement mêlée à celle de leurs fidèles, on constate de nombreux conflits entre le clergé et les villageois.
Les croyances
En ce qui concerne la croyance des laïcs, certains documents apportent un témoignage très instructif sur les comportements individuels liés à la mort, à l'Au-delà ou encore au souci des pauvres. L'enquête menée au printemps de 1467 à propos de Françoise Bonvin, une veuve de Chermignon accusée d'hérésie, nous en donne un exemple. Son défenseur, le juriste Heyno am Troyen, décide de la présenter comme une chrétienne bonne et conforme. Répondant aux questions qu'il a formulées, les témoins qu'il sollicite mettent en évidence la façade d’une religion et les comportements rituels qui la constituent : présence régulière à l'église, confession et communion annuelles, prières pour les ancêtres, aumônes aux pauvres, enseignement du credo à sa fille et à sa servante. On ne peut évidemment généraliser ce cas particulier sans précautions. La religion de Françoise représente probablement un degré de vie religieuse plus élevé que celui du commun des laïcs, même si des témoins précisent qu'elle pratique et enseigne « à la manière des paysans ». Tout comme l'historien d'aujourd'hui, Heyno sait bien qu'on ne peut connaître la foi d'une personne qu'à travers des gestes et des pratiques visibles.
Le curé de Riddes et ses ouailles
- En 1362-1363, Jean Sauthier d’Isérables paie 30 sous d’amende « parce qu’il était inculpé d’avoir attaqué le curé de Riddes dans son presbytère ».
- En 1365-1366, Mermod de la Vigne paie 35 sous d’amende pour, entre autres, « des paroles injurieuses au curé de Riddes ».
- En 1368-1369, Antoine Noir paie 10 florins pour n’être pas venu répondre à propos du fait qu’on l’accusait « d’avoir caché Jean Sauthier, qui avait tué le curé de Riddes ».
- (D’après les comptes du châtelain de Saillon. DUBUIS 1988, documents n° 47, 52 et 54)
Bibliographie
- Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002
Articles connexes

