Savoirs relatifs au milieu naturel, le temps et l'espace au Moyen Age
De Wikivalais.
En Valais, tout reste à découvrir en ce qui concerne les savoirs relatifs au milieu naturel, au temps et à l’espace à la fin du Moyen Age ; cependant les travaux actuels rendent visibles quelques évolutions, notamment en ce qui concerne le temps et l’espace.
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Le milieu naturel
Les Valaisans du Moyen Age disposent de deux types de savoirs sur la nature. Le premier résulte de siècles d’expérience et d’observation attentive et se transmet oralement d’une génération à l’autre. Le second dérive de croyances générales a priori sur le monde, que l’on peut qualifier de « religieuses ».
Les Valaisans médiévaux qui ont l’occasion d’observer la nature connaissent avec finesse ses mécanismes ; ils entretiennent avec elle une attitude dénuée de complexes. Les riverains du Rhône, par exemple, savent comment modifier subtilement le cours du fleuve pour déplacer les frontières qu’il matérialise et ainsi gagner du terrain au dépens des communautés voisines.
Si les connaissances des causes naturelles d’un phénomène peuvent leur suffire dans la pratique, les Valaisans du Moyen Age recherchent aussi des explications situées à d’autres niveaux de ce qu’est pour eux la réalité. Les membres du clergé valaisans et le gros des chrétiens de ce pays partagent l’idée que la toute-puissance de Dieu, créateur de l’univers, constitue l’explication ultime. C’est pourquoi on s’adresse à Lui, ou aux saints, afin que les récoltes soient bonnes ou le temps propice. A ce sujet, on se réfère volontiers aux légendes alpines recueillies aux XIXe et XXe siècles pour avancer qu’ils voyaient à l’œuvre dans le monde des forces et des êtres surnaturels dont il fallait s’assurer la bienveillance ou la neutralité. Il faudrait cependant que ces légendes, recueillies tardivement, soient le fruit intact d’une transmission pluriséculaire pour qu’elles témoignent efficacement de la pensée des Valaisans au bas Moyen Age. Or cette démonstration est aujourd’hui impossible. Plus certainement, les bûchers de sorcières qui luisent en Valais dès 1420 terrorisent les gens et contribuent à renforcer dans les imaginaires les pouvoirs du diable et de ses suppôts.
Le temps et l'espace
L’observation des savoirs relatifs au temps et à l’espace met en évidence l’effort de précision qui caractérise les derniers siècles du Moyen Age dans ce domaine.
L’augmentation des troupeaux bovins au XVe siècle n’est pas sans conséquences sur un horaire qui intègre déjà les rendez-vous avec la nature, les échéances fiscales et guerrières, les offices religieux, les déplacements vers la résidence du pouvoir… En été, les problèmes d’organisation découlant du va-et-vient entre les mayens et l’alpage tout comme la place occupée dans le calendrier par la culture des prairies prennent des proportions nouvelles. Dans les documents, des indications chronométriques à la fois plus nombreuses et plus précises qu’au XIVe siècle indiquent une nouvelle sensibilité dans l’expression du temps ; et bien que les activités soient organisées, pour des siècles encore, selon des heures dont la longueur varie selon les saisons, les premières horloges font une timide apparition à Saint-Maurice vers 1390, puis, vers le milieu du XVe siècle, à Ernen et à Münster.
La fin de Moyen Age voit également s’élargir et se préciser la perception de l’espace. L’importance accrue des alpages rend indispensable une meilleure connaissance des zones de haute altitude. Les finalités commerciales de l’élevage bovin et le développement d’un artisanat textile produisant du « drap du Valais » contribuent à élargir l’horizon des relations entre le Valais et les régions voisines. D’autres évolutions dans la manière de dire et de construire l’espace naissent d’une administration et d’un notariat plus exigeants en matière de précision : alors que jusqu’au XIVe siècle on se contente dans les actes fonciers de l’indication du lieu-dit et de la désignation de deux terrains voisins de la parcelle, au XVe siècle ce descriptif s’affine et on généralise le recours à quatre « confins », et de plus soigneusement orientés.
Bibliographie
- Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002
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