Sauterelle et criquet

De Wikivalais

Sur les coteaux secs aux herbes dorées par le soleil, dans les prairies verdoyantes des mayens, à travers les landes de genévriers et les pelouses alpines, partout résonnent des crissements d’insectes.

Parmi ceux-ci, les orthoptères font bande à part: le célèbre grillon, les criquets ou les sauterelles éveillent des souvenirs heureux. Le chant monotone des grandes sauterelles vertes ou celui des grillons d’Italie évoque les calmes soirées d’été. Le crépitement des criquets est lié aux effluves des foins secs, et les envols colorés des criquets rubanés dans les vignes ou les champs d’abricotiers nous rappellent l’époque révolue du désherbage manuel…Ce sont ces «sales bestioles» qui, le temps d’une petite sieste bien méritée, auront percé quelques trous dans la chemise posée négligemment sur les herbages de l’alpe.

Le contact sonore avec les insectes de l’été est devenu difficile dans notre civilisation bruyante. Les sauterelles, voix des nuits estivales, sont-elles condamnées à disparaître de la mémoire collective? Peut-être ne restera-t-il bientôt que la réputation dévastatrice des criquets pèlerins de la Bible, qui ont bel et bien existé en Valais au siècle passé, ou la répulsion que nous inspire saint Jean-Le-Baptiste, mangeur de sauterelles. Il est facile d’apprendre à connaître quelques espèces attachantes et diverses, ayant chacune leurs particularités anatomiques, écologiques ou…musicales: le criquet d’Italie aux ailes roses, le bruyant criquet stridulant ou la discrète sauterelle phanéroptère si élégante.

Sommaire

Un rôle écologique de premier ordre

Les orthoptères ne méritent pas notre attention seulement pour leurs prestations musicales. Leur nombre et leur taille leur confèrent une grande importance écologique. Souvent lourds et dodus, ils ont une valeur nutritive élevée à en juger pour la plus ancienne illustration d’insecte, dessinée il y a 10000 ans dans une grotte de l’Ariège! Si nos mœurs culinaires ont changé, ces charmantes petites bêtes sont demeurées à la base de nombreuses pyramides écologiques, et ce d’autant plus que leur biomasse peut être incroyablement élevée. Ainsi dans les pelouses alpines, le poids des orthoptères reporté à l’hectare peut presque atteindre celui du bétail domestique!

Deux pelotes de réjection de bondrée apivore, entièrement constituées de pattes postérieures d’orthoptères, trouvées à plus de 2400 m au val de Réchy, révèlent l’importance de ces insectes qui intéressent aussi le renard et le blaireau, la crécerelle, le chocard et le grand corbeau. Plus bas, la fenaison sonne l’hallali. A peine l’herbe coupée est-elle retirée du pré que voici les corneilles et les corbeaux, les étourneaux et les bergeronnettes, au point que le menu des nichées change de jour au lendemain. Même la nuit, les sauterelles sont désormais en danger puisque les petits murins, une sorte de chauve-souris, abandonnent provisoirement la quête aux Platycleis, ces sauterelles grises des steppes, pour se concentrer sur les criquets à pattes rouges dans les prés tondus. Cette pression de prédation a favorisé le développement de teintes cryptiques: voyez les sauterelles verdâtres dans les herbages, les criquets bruns ou bariolés des talus secs, les gris et les bleus, combinés au «flash» des ailes colorées qui déroutent le prédateur chez les oedipodes des terrains nus.

Et il ne faut pas oublier, parmi les prédateurs, les sphécides, de petites guêpes, qui nourrissent leurs larves exclusivement d’orthoptères, ni les innombrables parasites, tels ces petits acariens rouges qui infestent certains individus, leur suçant proprement la vie ou, pire encore, les asticots qui les dévorent vivants, de l’intérieur.

Observer les sauterelles et les criquets

Dans les près

Les musiciens de l’été ne se rencontrent plus en plaine du Rhône que disséminés et en petit nombre dans les rares prairies, à moins qu’ils ne soient réfugiés sur les espaces en friches: les berges du Rhône, les rives des canaux ou les talus de routes pas trop tondus...

Chorthippus paralellus, un minuscule criquet vert foncé à l’œil souligné d’une petite touche noire, aux ailes assez courtes, est encore largement répandu, mais son chant srr srrr srrrr, aussi insignifiant que sa taille le fait passer inaperçu dans les prairies grasses. Impossible de le confondre avec Chrysochraon brachyptera dont la femelle justifie le nom scientifique de criquet doré.

Pour peu que l’on grimpe sur les coteaux ou dans les vallées latérales, on lève, souvent en masse, le criquet aux ailes fumées (qui monte jusqu’à 2200 m), un criquet de taille moyenne qui fuit d’un vol légèrement crépitant avec un faible bruit de crécelle. A peine posé, il se calme et reprend sa ritournelle où alternent une note râpeuse et une note douce: trr dsch trr dsch trr dsch.

Quelle différence avec le criquet aux pattes rouges (altitude maximale: 2600 m), au moins deux fois plus trapu et aux pattes postérieures richement colorées, qui émet un chant assez fort et caractéristique rappelant un réveil que l’on remonterait et dont le ressort se déferait subitement tous les trois trous de clé : trr trr trr dsssssssch trr trr trr dssssssch.

Dans les prairies et les pâturages séchards et dans les landes de genévriers, un nouveau compagnon apparaît: le dectique verrucivore (altitude maximale: 2400 m), dont l’ancienne réputation de guérir les verrues lui a valu son nom. Courteau, trapu, notre dectique est en fait une sauterelle d’un beau vert foncé, dodue (4,5 cm), dont l’appel aigu résonne dès le début juillet dans les prairies. Ses émissions sonores, des tsic tsic tsic toujours lancé à partir du sol, sont presque aussi fortes que celles des sauterelles vertes. Mais chez lui, les sons résonnent de façon nettement séparée. La plupart des criquets ont des chants bien plus discrets: il faut tendre l’oreille pour repérer la sirène siiiiiiii siiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii – siiiiiiiiiiii de Stenobothrus lineatus (altitude maximale: 2600 m) et fouiller longuement le sol du regard pour apercevoir ce violoniste dont les deux pattes se meuvent de façon indépendante, fait unique chez nos criquets, mais bien utile pour authentifier la détermination.

Sur les rives

Tetrix tuerki et Epacrominus tergestinus ne vivent plus qu’en tout petit nombre le long du Rhône à Finges, sur les bancs de sables remaniés par les crues annuelles. Comme d’autres espèces pionnières, habituées aux destructions régulières des crues qui laissent toujours un refuge ici où là, elles ne supportent pas plus la sécurité des endiguements que les bouleversements systématiques des exploitations de graviers : laissons-leur donc quelques troncs de rivières sauvages.

Dans les marais

Parapleurus aliaceus est uns superbe criquet vert à l’œil souligné de noir. Hygrophile, il est répandu dans le Chablais et vit en amont de Saint-Maurice dans quelques prairies humides à Ardon, à Sion, à Pouta-Fontana, à Salquenen, à Loèche et à Rarogne. Ne comptez pas sur son chant pour le repérer : il est silencieux.

Conocephalus discolor, une sauterelle au dos marqué d’une raie sombre bordée de jaune, joue à cache-cache avec l’observateur en se postant toujours sur le côté opposé de la tige sur laquelle elle est posée. Elle a besoin de joncs car les femelles déposent leurs œufs dans les tiges au cœur tendre ou simplement creuses. Elle peut être abondante dans certaines prairies humides, cariçaie ou molinaie. Comme elle monte au moins jusque vers 900 m ou 1000 m d’altitude, elle dispose de refuges encore nombreux au-dessus du vignoble. Mais ses populations sont très dispersées. Son appel nuptial que l’on peut tenter traduire par un zlizlizlizlizlizlizli est si faible qu’on ne l’entend qu’après l’avoir vue.

Pour terminer le tour d’horizon des marais, il faut évoquer Mescothetus grossus, un grand criquet à pattes rouges par ses tibias postérieurs jaunes, et surtout par son chant très particulier: une série de tséc tséc tséc tséc qui font penser au bruit de bulles d’air éclatant à la surface du marais. Habitant des zones humides à végétation rase, il s’installe toujours à proximité de l’eau. Signalé à Sion au début du siècle, il survit en plaine du Rhône à Turtig, dans un petit pré marécageux pâturé par des chevaux, et aux Grangettes, en terre vaudoise. Il est encore répandu dans des tourbières et des marais de montagne comme Champex, Essertse, Bettemeralp, Simplon. A Tortin et à l’Ar du Tsan, il se compte par milliers, tandis qu’ailleurs, on se trouve souvent que quelques dizaines d’individus dans de minuscules marais isolés au cœur des alpages.

Metrioptera roeselii, une petite sauterelle verte aux ailes courtes et transparentes, atteint ses densités les plus élevées dans les prairies humides, cariçaies ou molinaies, et dans certaines friches à végétation touffue. Mais sa stridulation perçante, aiguë et interminable, résonne aussi dans les prairies de fauche.

Dans les buissons et les grandes herbes

L’ombre fraîche de la forêt ne convient pas aux orthoptères: seule Meconema thalassinum s’y cantonne, il choisit de préférence la chênaie, chaude et lumineuse, dont elle fréquente surtout les lisières ensoleillées. Exception chez les sauterelles, la méconème ne chante pas: elle tambourine de ses pattes postérieures ou de son abdomen sur les feuilles de chênes où elle passe sa vie. On peut la voir en fin d’été lorsqu’elle pénètre dans les maisons attirée par la lumière. Ses antennes interminables, une ligne dorsale claire et chez le mâle des cerques en anneau permettent une détermination aussi sûre que rapide. Entièrement arboricole, cette espèce pond dans l’écorce des arbres et nourrit d’insectes.

Quelques sauterelles inféodées aux buissons et aux grandes herbes fréquentent les lisières thermophiles des chênaies et des pinèdes bien exposées. Leptophyes punctatissima, Barbitistes sericauda, aux chants très discrets et essentiellement nocturnes, échappent la plupart du temps aux prospections n’apparaissent que dans le filet fauchoir. Pholidpotera griseoaptera, Oceanthus pellucens recherchent aussi l’abri des buissons ou des herbes élevées, mais le tsrip du premier, qui pénètre dans les villes à la faveur des jardins, et les srüü srüüü mélodieux et mélancoliques du second nous aident à les repérer. Ce sont ces derniers qui emplissent les nuits de la basse Borgne, de Valère et de Tourbillon, de l’Ardévaz et des coteaux secs en général, où des dizaines d’individus se répondent en continu.

La sauterelle verte, la plus courante, la plus impressionnante et la plus connue de nos sauterelles, la célèbre porteuse de sabre de nos enfances, est répandue dans tout le Valais, atteignant 1800 à 2000 m d’altitude dans certains endroits bien exposés. Pour peu qu’on y prête attention, cette forme révèle deux espèces. La première, Tettigonia cantans, vit en aval de Martigny, montrant ainsi un plus grand besoin d’humidité. Sœur jumelle de Tettigonia viridissima, elle s’en distingue par des ailes courtes qui lui donnent une allure ramassée et la prive du vol: est-ce pour cela qu’elle est moins arboricole? Son chant, moins puissant, à un rythme plus rapide.

Avec ses longues ailes qui lui donnent une élégance certaine, viridissima est capable de voler quelques mètres. Elle est difficile à voir malgré sa taille, mais se signale par son chant puissant, audible d’une voiture en marche.

Phytophage, elle avale volontiers un insecte de temps à autre et grimpe dans les grandes herbes, les buissons ou les arbres pour chanter. C’est elle qui assure la musique des nuits d’été dans le tilleul devant votre fenêtre, au moment où les grillons se taisent et meurent. Essentiellement nocturne, elle chante de juillet jusqu’en octobre, jamais avant midi. Dès septembre, elle espace ses concerts et ne chante que durant les nuits les plus chaudes, alors qu’au milieu d’août, même une violente averse ne peut la faire taire. A la fin de l’été, quand les populations de plaine ont un chant encore assuré, celles des mayens, déjà engourdies par la fraîcheur, ralentissent le rythme de leurs émissions sonores. Petite sauterelle verte, d’un vert aussi tendre qu’elle est fragile, la phanéroptère se rencontre également dans les buissons et les grandes herbes. Ses ailes antérieures courtes permettent de la reconnaître au premier coup d’œil.

Dans les zones sèches

Sur les sols les plus secs, presque dénudés par l’érosion ou le manque d’eau, on ne rencontre guère que des criquets: l’oedipode rouge aux ailes rouges frangées de noir recherche les substrats rocheux, comme les éboulis de quartzites à Combioula, sous Hérémence, ou dans les dalles de l’adret. A l’instar de sa version bleue, l’oedipode turquoise, le rouge peut fréquenter les talus d’érosion bordant certaines routes ou des chemins de terre. Ils trouvent là des axes de pénétration dans ses régions par ailleurs peu favorables. Je me souviens d’avoir observé pendant plus d’une demi-heure un oedipode en train de pondre au milieu de l’ancien chemin qui menait aux Mayens-de-Riddes, c’était avant le bitume... On les observe plus haut encore, jusque vers 1700 m.

L’oedipode aigue-marine habite les mêmes lieux, mais ses ailes entièrement bleues sont presque transparentes sur la frange. Posé, on le reconnaît à sa nuque concave qui rappelle une selle de cheval. Mais si vous n’avez plu l’approcher ou le capturer, sachez qu’il vole mieux que les autres oedipodes, et fait entendre une légère stridulation dans sa longue fuite. Sa répartition montre des exigences thermiques élevées : présent essentiellement sur la rive droite du Rhône, localement en plaine à Finges, il ne monte pas haut sur le coteau. S’il ne colonise pas les bords de route, il lui arrive de profiter de la cicatrice d’une ancienne carrière, espace caillouteux, sec et nu, que ses ailes lui permettent d’atteindre même au cœur de la forêt.

Enfin le criquet d’Italie aux ailes roses semble exiger le voisinage de quelques herbes, fussent-elles sèches. Il paraît qu’il produit son chant de cour en mâchonnant des mandibules. J’avoue n’en avoir entendu qu’un enregistrement ! Son port trapu, son œil qui semble rayé, la couleur de ses ailes suffisent heureusement à le déterminer avec sécurité. Espèce caractéristique des pelouses sèches, il ne dépasse 1000 m qu’en des sites bien exposés, à Liddes ou à Evolène par exemple.

Particulièrement rares en Suisse, ces espèces sont abondantes en Valais. Par contre, le rarissime oedipode soufré, aux ailes rose orangé, n’a plus été trouvé en Suisse qu’à Combioula ! Ces criquets colorés usent de leurs couleurs mimétiques pour se protéger : ils attendent dans l’invisibilité absolue la dernière seconde pour fuir, et le font alors par un saut cliquetant qui attire l’oreille et distrait l’œil… mais la tache de couleur disparaît avant qu’ils ne se posent, ailes déjà fermées, et s’évanouissent… Plutôt que de les faire voler encore et encore, regardez-les nettoyer leurs antennes ou marcher, pattes arrières relevées toujours prêtes au saut, ou encore se dresser sur la pointe des pieds pour échapper à la chaleur du sol.

Platycleis albopunctata, une grosse sauterelle grisâtre, aux ailes bien développées et marquées d’une alternance de taches sombres et claires, présente dans toutes les steppes, colonise les friches sèches aux herbes semblables à des filasses. Très répandue en Valais, c’est la proie principale du petit murin, une chauve-souris qui capture ses proies au sol.

Quelques petits criquets du genre Chorthippus, insignifiants et indiscernables, ne se reconnaissent guère qu’à leurs chants :brunneus, fréquent sur les bords des chemins et les talus de route, fait entendre ses srrr isolés en mars déjà, tandis que mollis lance des srrr srr srr rr rrr rrrr rrrrr jusque tard en automne, voire jusqu’en janvier-février dans les sites bien exposés et biggutulus émet des roulades sèches et monotones : ttttttrrrrrrrt.

Dans les jardins

Les Tetrix sont de bizarres orthoptères d’une taille minuscule qui passent d’autant plus facilement inaperçus qu’ils ne chantent pas. Inféodés aux sols nus ou moussus, ce sont les seuls orthoptères qui peuvent hiverner à l’état adulte : ce sont donc les premières espèces que l’on apercevra au printemps, quand les autres sauterelles sont à peine écloses. Ce groupe se distingue par une plaque dorsale qui se prolonge vers l’arrière par-dessus les élytres, semblable à la quille d’un bateau renversé. Le plus répandu, Tetrix undulata fréquente même les jardins potagers, pourvu qu’il n’y pleuve pas des insecticides. N’ayez crainte, ces mangeurs de mousses et de lichens ne s’intéressent pas aux salades.

En montagne

Un criquet trapu fréquente les prairies maigres de moyenne montagne : le criquet stridulant très sombre, se donne des airs de taureau avec sa nuque bombée. La femelle, imposante, est clouée au sol par ses courtes ailes, mais le mâle vole pour deux puisque c’est en l’air qu’il émet son signal de cour, à la fois sonore et visuel : un frrrrrttt puissant accompagné d’un véritable feu d’artifice de ses ailes rouge vif. Détail qui peut avoir son importance : contrairement aux oedipodes qui se posent toujours au sol, il lui arrive d’atterrir sur des herbes ou des buissons. Présent essentiellement entre 1000 et 2200 m dans les pentes bien exposées, il vit en plaine, dans la pinède de Finges.

Plus haut, nous entrons dans le domaine des espèces de montagne : Metrioptera saussuriana qui se rencontre dès 900 à 1000 m, est particulièrement nombreux dans les landes séchardes. Sur l’adret, il est souvent accompagné par le dectique. Dans les mégaphorbiées fraîches, on trouve Miramella alpina, un criquet de montagne d’un vert brillant, aux ailes peu développées, dont le mâle est beaucoup plus petit que la femelle.

A fin août, dans les pelouses alpines, les criquets sont souvent si nombreux qu’il est difficile de ne pas les écraser. Peu d’espèces survivent à plus de 2000 m : le criquet sibérien, reconnaissable à ses avant-bras à la Popeye, qui lui ont valu son nom latin (aeropus = pieds gonflés d’air), et à ses antennes dilatées, ne descend guère au-dessous de 1900 m, mais il monte jusqu’aux derniers gazons tout comme le criquet des frimas aux ailes réduites, dont les femelles (2.5 cm) dodues, lourdaudes sont beaucoup plus massives que les mâles (1,5 à 2 cm). Démentant une des significations de son nom scientifique, Melanoplus frigidus partage avec Podisma pedestris l’habitude de former des couples délurés, comme si la courte saison alpine imposait des urgences. Gageons que l’entomologue qui l’a baptisé voulait simplement éviter d’utiliser sibiricus pour deux espèces différentes. Podisma éedestirs, au tibia postérieur bleu, est également très répandu dans les pelouses alpines. Quelques espèces des prés montent assez haut : tel est le cas de Chorthippus parallelus qui fréquente les alpages plutôt gras et de Stenobothorus lineatus qui colonise les pentes sèches jusque vers 2600 m.

Enfin, les Omocestus sont de très petits criquets à gueule tronquée, souvent maculée de noir. Omocestus ventralis doit son nom au fait que sa face ventrale facilite sa détermination : il est le seul à avoir le ventre rouge et vert et des palpes blanches contrastant avec la tête noire. Mais vous pouvez aussi ouvrir vos oreilles : Omocestus viridulus a du "souffle" si je puis dire puisque sa crécelle – peut-on appeler autrement ce long trtrtrtrtrtrtrtrtrtrtrtrtrtrtrtrtrtrtrtrtrtrtrtr? – dure de vingt à trente secondes, tandis que Omocestus ventralis se contente de cinq secondes environ et chante moins fort.

Bibliographie

  • Pierre-Alain Oggier, La Faune, Martigny 1994

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