Roches sédimentaires

De Wikivalais

Les roches sédimentaires traduisent leur présence, dans le paysage, par le fait qu’elles sont disposées en couches. Il y a, chez nous, de grandes surfaces dénudées où cette disposition en couches apparaît bien : Dents-du-Midi, défilé de Saint-Maurice, Grand-Chavalard, Derborence, Loèche-les-Bains, etc.

Initialement, les couches de roches sédimentaires sont horizontales, car la plupart d’entre elles ont pris naissance sur le fond plat de mer. En Valais, les plissements ont partout modifié cette géométrie primitive et les strates sédimentaires se rencontrent dans toutes les positions possibles, de l’horizontale à la verticale.

Ce que nous connaissons de l’origine des roches sédimentaires vient de l’étude des sédiments actuels. Ainsi sait-on où s’accumulent les graviers (rivières, bords de mer, p. ex.) qui donnent naissance, par cimentation naturelle, aux conglomérats ; ou les sables (plages, déserts, etc.) qui engendrent des grès souvent très durs, alors que les argiles (fonds marins, etc.) restent toujours tendres même si, mêlées à un peu de calcaire, elles sont à l’origine des marnes. Toutes ces roches, constituées au départ de petits fragments provenant de roches plus anciennes, de leurs détritus, sont groupées sous le vocable de roches détritiques.

Par contraste, les roches organogènes, comme leur nom l’indique, sont le fait de l’action de divers organismes. Les calcaires sont fixés par tout ce qui possède un squelette de carbonate de chaux (ou calcaire : CaCO3): algues marines, protozoaires du plancton marin, oursins, étoiles de mer, huîtres, crustacés, etc. Les charbons appartiennent aussi à la catégorie des roches organogènes, puisque ce sont des plantes qui ont fixé leur carbone.

Une roche sédimentaire exploitée en Valais, à Granges, est le gypse (CaSO4.2H2O). Il s’agit de dépôts de vastes marais salants naturels : le sel accompagne souvent le gypse, ce qui est le cas juste à notre frontière, à Bex, où le sel est exploité. Ces accumulations constituent une catégorie à part au sein des roches sédimentaires :les évaporites ou roches hydrochimiques.

Si les sédiments actuels nous éclairent sur l’origine des roches sédimentaires, réciproquement, les roches sédimentaires nous éclairent sur les conditions de sédimentation qui régnaient dans le passé. En effet, la nature du matériel (quartz, calcaire, etc.), la disposition des grains (en couches horizontales, en dunes, etc.), les fossiles présents (coquilles marines, traces de dinosaures, etc.) ne sont pas les mêmes dans un sable de rivière, dans un sable de plage marine ou dans un sable désertique. Les géologues parlent, à propos de tous ces éléments, du faciès d’une roche : faciès fluviatile, faciès côtier, faciès continental, autant d’expressions qui traduisent les conditions locales au moment du dépôt d’un sédiment dans le passé. En regroupant toutes les informations fournies pour un moment donné, il est possible de reconstituer les conditions régionales en ce moment, de déterminer la position d’une côte, la profondeur de la mer, le climat régnant sur le continent, bref, d’établir la carte géographique du moment. Nous aurons souvent à reparler de cette paléogéographie (géographie ancienne).

Bibliographie

  • Marcel Burri, Les roches, Martigny, 1994

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