Roches métamorphiques

De Wikivalais

Parler de métamorphose à propos d’un papillon ne surprend personne ; mais à propos d’une roche ?… Si la métamorphose des roches est peu connue, c’est qu’elle se produit au sein de l’écorce terrestre, hors de notre champ d’observation. Nous n’en connaissons donc que le résultat, main nous en ignorons en grande partie les processus. Voici comment les géologues en imaginent le déroulement. Au cours de la collision des continent, d’importantes masses de roches quelconques (granites, basaltes, grès, calcaires, etc.) peuvent se trouver soumises à des élévations de température et de pression fantastiques. L’augmentation de la température provient de l’enfouissement des roches dans la profondeur de l’écorce terrestre, où les températures sont élevées, et des frottements de masses en collision qui chauffent comme les freins d’une voiture. Quant aux pressions, point n’est besoin de beaucoup d’imagination pour trouver leur origine lorsque deux continents s’affrontent et se télescopent. Sous l’effet de ces variations, les roches se modifient, se métamorphosent.

A vrai dire, et depuis fort longtemps, l’homme produit une métamorphose artificielle : c’est la cuisson de l’argile, qui ne fait intervenir que l’augmentation de la température. Mais avec le résultat que vous savez : à partir d’un matériel fragile et qui se mélange à l’eau pour donner une pâte, naît la terre cuite, qui elle, résiste au choc et reste solide sous la pluie. Les roches qui ont subi un métamorphisme se reconnaissent immédiatement au fait qu’elles présentent toujours une structure feuilletée que les géologues appellent la schistosité. Cette caractéristique, résultat de la pression subie par les roches, peut facilement être observée presque partout au sud du Rhône valaisan, du moins en amont de Saint-Maurice.

La nomenclature la plus simple consiste à distinguer schistes, micaschistes et gneiss. A quoi correspondent ces distinctions ? A des degrés différents et croissants du métamorphisme. Les schistes sont peu métamorphosés et les caractéristiques initiales des roches encore bien reconnaissables ; les fossiles peuvent y être conservés ; la roche, simplement se débite facilement, suivant le feuilletage de schistosité : les ardoises, autrefois exploitées au-dessus de Dorénaz, contenaient localement de belles empreintes de fougères du Carbonifère. Chez les micaschistes, un métamorphisme plus poussé a permis à de nombreux micas de se développer dans la masse de la roche et l’alignement de toutes ces paillettes de micas détermine la schistosité de la roche : toujours à cause des micas, les surfaces des micaschistes sont souvent très brillantes, ce qui n’empêche pas d’autres minéraux de prendre naissance, comme les grenats. Les gneiss ressemblent à des granites, dont ils ne diffèrent que par la présence de schistosité. Ils ne représentent pourtant pas le terme ultime du métamorphisme ; en effet, les températures peuvent atteindre des valeurs telles que la roche est partiellement ou totalement refondue. Alors, un magma granitique peut apparaître. Schistes, micaschistes et gneiss proviennent du métamorphisme des roches plus abondantes : grès, grès argileux, granite ou déjà un gneiss entrant une nouvelle fois dans le grand four métamorphisme. Contrastant avec ces roches banales, il y a des assises particulières parmi lesquelles nous retiendrons d’abord les marbres qui résultent du métamorphisme des calcaires : les exploitations de Saillon en ont livré des mètres cubes. Ensuite nous retiendrons le groupe des roches vertes (verts grâce à la présence d’un mica vert, la chlorite), les unes proviennent du métamorphisme d’un basalte : ce sont les prasinites encore riches en petits minéraux feldspathiques blancs, alors que les serpentinites, ultrabasiques, en sont dépourvues.

Bibliographie

  • Marcel Burri, Les roches, Martigny, 1994

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