Rochers

De Wikivalais.

Les rochers constituent un milieu particulièrement inhospitalier pour les plantes. La terre ne peut s’accumuler que dans les fissures. L’insolation et l’évaporation sont importantes, surtout sur les faces exposées au sud, ce qui provoque rapidement un manque d’eau. Les écarts de température entre le jour et la nuit sont considérables. Pourtant, nombre de plantes se sont adaptées à ces conditions de vie très rudes qui leur permettent d’échapper à la concurrence des autres espèces.

  • Les rochers calcaires, fréquents en Bas-Valais et dans la chaîne bernoise, hébergent les petits coussinets de l’androsace helvétique, les nattes de la globulaire à feuilles en cœur, les rosettes de la primevère auricule et les pousses discrètes de la drave tomenteuse. A l’étage subalpin, on rencontre la saxifrage paniculée, aux feuilles bordées de concrétions calcaires blanches, ainsi que l’érine des Alpes, petite Scrophulariacée à fleurs roses répandue principalement en Bas-Valais. Les lapiez sont des étendues de roches calcaires que les eaux de ruissellement ont entaillées de rainures innombrables et parfois profondes. De beaux exemples de ces paysages lunaires nous sont fournis par le lapiez de Tsanfleuron, qui couvre près de 8 km2 en dessous du glacier des Diablerets et par celui de la Plaine-Morte au-dessus de Montana. Rares sont les plantes qui parviennent à s’installer sur la roche nue et sèche. Par contre, les fissures contiennent des poches de sol permettant l’implantation d’espèces des pelouses environnantes. La fraîcheur des entailles profondes convient même à des fougères et à des hautes herbes comme les adénostyles, les aconits ou la rare dauphinelle élevée.
  • Les rochers siliceux, qui prédominent dans la chaîne pennine, présentent une flore très attrayante. Il suffit de penser à la primevère hérissée qui déploie ses guirlandes roses en mai déjà, à l’androsace de Vandelli qui se distingue de l’androsace helvétique par ses coussinets plus petits et plus clairs, ou encore au roi des Alpes qui se couvre de fleurs d’un bleu incomparable. C’est dans ce milieu que vous admirerez peut-être le genépi des glaciers et les espèces voisines qui entrent dans la préparation d’une liqueur célèbre: le genépi blanc et le genépi noir, ce dernier s’accommodant de terrains assez variés et même calcaires.

Bibliographie

  • Philippe Werner, La Flore, Martigny, 1988

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