Richesse des milieux dans les Alpes valaisannes

De Wikivalais

La richesse particulière de la flore alpine en Valais peut s’expliquer en partie par l’existence de hauteurs sèches et de sommets calcaires très élevés, assez rares ailleurs. De manière générale, on constate que les massifs calcaires sont plus riches que les reliefs siliceux. Des concentrations remarquables d’espèces rares apparaissent ainsi aux Dents du Midi, à la Dent de Morcles et dans les zones calcaires de la chaîne bernoise. Cette dernière héberge en quelques points une sous-espèce particulière de la saussurée alpine, ainsi que la saxifrage penchée que l’on ne trouve, ailleurs en Suisse, qu’en Engadine.

En Haut-Valais, la vallée de Binn, qui comporte aussi des terrains calcaires, jouit d’une solide réputation. Mais la région de loin la plus riche se situe dans les hautes vallées de Zermatt et de Saas. Pourquoi là? C’est d’abord une question de climat: entourées de sommets dépassant 4000 m, la crête du Gornergrat à 3100 m et les parties centrales du bassin de Zermatt se caractérisent par des précipitations exceptionnellement faibles, compte tenu de l’altitude, et par un mois de juillet plus sec que les autres mois d’été. Des plantes des coteaux secs peuvent ainsi remonter au-dessus des glaciers et se mêler à la flore alpine; c’est l’exemple de l’astragale de Montpellier poussant aux côtés de l’edelweiss. La diversité des roches permet d’autre part aux espèces calcicoles et calcifuges de cohabiter. Enfin, il faut mentionner l’existence pendant les glaciations de massifs-refuges particulièrement étendus sur des pentes ensoleillées de part et d’autre du Mont-Rose, qui ont probablement permis la persistance d’une flore plus riche qu’ailleurs. Le décor grandiose du Cervin s’enrichit donc d’une parure fleurie exceptionnelle.

De la limite supérieure des forêts aux sommets les plus élevés, des pentes ensoleillées aux revers les plus frais, les milieux alpins sont très variés. Mises à part les pelouses, la plupart subissent un rajeunissement régulier: les rochers par l’érosion, les éboulis par les chutes de pierre, les moraines par les fluctuations des glaciers, les alluvions par les divagations des rivières. La roche-mère exerce donc une influence particulièrement manifeste sur la flore. Les plantes se rassemblent selon leurs exigences écologiques et forment de nombreuses associations typiques des différents milieux. La connaissance des principales espèces caractéristiques permettra au promeneur de comprendre cette mosaïque fleurie.

Bibliographie

  • Philippe Werner, La Flore, Martigny, 1988

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