Ressources hydro-électriques
De Wikivalais.
Les ressources hydro-électriques dépendent en grande partie des glaciers; elles se rattachent donc à un phénomène de portée géologique. Du point de vue énergétique, les glaciers stockent de l'eau en altitude; sans eux, les précipitations s'écouleraient rapidement vers la mer et les crues auraient lieu en hiver, au moment où les précipitations culminent. A cause des glaciers, la crue se produit en été. Or, en été, les besoins en électricité diminuent: pas de chauffage, nuits courtes, usines fermées pour les vacances. Ces besoins augmenteront en hiver et c'est alors que le courant se vend bien, d'où l'intérêt d'une retenue ce cette énergie sous forme de lac de barrage.
Le géologue touche encore au problème des barrages lors des travaux d'étude et de construction. D'abord pour estimer l'imperméabilité du fond du futur lac. Et le fond n'est pas toujours imperméable; à preuve, le lac de Salanfe qu'on n'a jamais pu remplir à cause des pertes du Trias, juste au contact entre le socle et sa couverture autochtone. Ensuite il faudra estimer la stabilité à long terme de l'assise. Voilà une chose à laquelle on ne pensait guère il y a une trentaine d'années, mais que nous apprit un barrage maintenant célèbre dans le monde entier: Tseuzier, dont les déplacements pourraient provenir de failles encore actives (mais aussi des travaux préparatoires du tunnel du Rawyl). Enfin, il faut aussi estimer la stabilité des versants qui dominent le futur lac.Un accident, italien celui-ci, a vu tout un versant s'abattre dans le lac du Vaion, causant des centaines de morts. Une commission fédérale surveille maintenant nos versants qu'un lac artificiel pourrait déséquilibrer.
En cours de construction, le géologue est rapidement remplacé par l'ingénieur géotechnicien, spécialiste de la qualité des assises, capable de calculer leur résistance aux différentes contraintes. Le géologue collabore encore à l'estimation de l'épaisseur de la roche altérée qu'il faudra enlever, de manière à poser l'ouvrage sur des roches saines. Ceci nécessite un important travail de reconnaissance par forages et par galeries, puis d'impressionnants minages.
Ces quelques exemples montrent que le travail du géologue ne consiste pas seulement à décrire les Alpes et à reconstituer notre passé. Grâce à sa vision des phénomènes dans le temps, dans leur durée, il a un rôle important à jouer pour toutes les grandes réalisations qui doivent durer: exploitations d'une nappe phréatique sans l'épuiser, construction de routes, ponts, tunnels, barrages, dépôts de déchets sans contaminer la biosphère, etc. S'il ne réalise pas grand-chose à lui tout seul, il est un maillon indispensable pour de nombreuses activités. Autorités et industriels s'en sont d'ailleurs aperçus: les géologues sont maintenant des spécialistes consultés.
Bibliograhie
- Marcel Burri, Les roches, Martigny, 1994
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