Rampe sud du Lötschberg : adaptation aux conditions climatiques extrêmes
De Wikivalais.
En de nombreux endroits le long de la Rampe sud, les plantes sont exposées à des conditions de vie extrêmes. La rareté des précipitations pendant le semestre d’été est l’une des épreuves les plus difficiles à supporter.
L’ensoleillement est très élevé sur les versants sud fortement inclinés. Sols et plantes se réchauffent beaucoup et le peu d’eau de pluie ou de rosée s’évapore très vite. Les plantes sont obligées d’aspirer davantage d’eau du sol ce qui l’assèche plus encore. Les vents fréquents soufflant en montagne et dans les vallées favorisent encore l’évaporation.
Il n’est dès lors pas étonnant que beaucoup de plantes de la Rampe sud présentent des modes de croissance et de vie particuliers, extraordinairement bien adaptés aux dures condition. On peut distinguer différentes stratégies:
Sommaire |
Amélioration de l'approvisionnement en eau
Au moyen de racines profondes, l’Hélianthème commun et la Carotte sauvage, par exemple, essaient de tirer profit des réserves d’eau présentes dans le sous-sol. De petites plantes aussi possèdent des racines étonnamment longues et ramifiées. Il est intéressant de noter que dans des régions extrêmement sèches la couverture végétale ne peut pas être dense. Une couverture végétale déficiente se rencontre surtout en des endroits regroupant arbres et buissons. En fait leurs racines épuisent l’eau et empêchent ainsi la formation d’une couverture plus dense! Les différentes espèces d’Orpins et de Joubarbes stockent dans la tige et les feuilles l’eau des périodes plus humides de l’année.
Réduction des pertes d'eau
Pour limiter l’effet de l’ensoleillement et par conséquent les besoins en eau, la Laitue sauvage enroule ses feuilles de telle manière que seuls les bords et non la surface soient exposés aux rayons du soleil (position de profil). D’autres plantes, comme la Laitue effilée, ne comportent que des feuilles petites ou peu nombreuses afin de réduire l’évaporation. Souvent, les grandes surfaces foliaires présentes au printemps se réduisent peu à peu pendant la période sécheresse en s’enroulant sur elles-mêmes – une stratégie adoptée par plusieurs espèces de Fétuques. Les plantes pubescentes ont aussi la particularité de réduire les pertes en eau. Les nombreux poils maintiennent la couche d’air proche de la surface. Cette dernière reste ainsi plus humide ce qui a pour effet une diminution de l’évaporation. Des feuilles épaissies, à l’apparence charnue ou recouvertes d’une couche de cire limitent également l’évaporation (Chêne pubescent, troène).
La prévision de la mauvaise saison
La formation d’oignons ou de bulbes permet à d’autres espèces de passer la période la plus dure sans aucun feuillage (Muscari à toupet, Pulsatille des montagnes); on les appelle géophytes. Dans cette catégorie, les annuelles printanières de la Rampe sud apparaissent extrêmement bien adaptées. Il s’agit de toutes petites plantes discrètes qui ne durent que quelques semaines dans les steppes, pendant la période des pluies printanières. Ces liliputiens germent, poussent, fleurissent et fructifient en quelques semaines, puis laissent tomber leurs graines. Ces plantes annuelles passent ainsi la majeure partie de l’année sous forme de graines ou de fruit, ce qui leur permet de résister à la période de sécheresse et de froid sans subir de dommages. Citons-en quelques exemples: la Saxifrage tridactyle, l’hornungie des pierres, l’Erophile printanière ou l’Alysson à calice persistant. Etant donné leur petite taille, on est souvent obligé de s’agenouiller et d’observer attentivement les petites surfaces de sol nu pour les trouver.
Ces diverses stratégies se combinent souvent chez une même espèce, ce qui rend plus efficace encore son adaptation à la sécheresse.
Bibliographie
- Daniel Maselli, Rampe sud du Lötschberg, Martigny, 1990
Article connexe

