Rampe sud de Lötschberg : haies et buissons

De Wikivalais.

Si sur le Plateau le paysage est devenu particulièrement monotone et rectiligne, la Rampe sud offre encore de grands espaces naturels avec une flore et une faune variées, surtout grâce à la présence des haies et des buissons où poussent un grand nombre d’espèces d’arbres et d’arbustes.

Au printemps, on remarque essentiellement l’Epine noire (que l’on peut aussi appeler Cerisier épineux) avec ses innombrables fleurs d’une blancheur immaculée, apparaissant en épis le long des rameaux. L’Aubépine à un style et l’Aubépine épineuse fleurissent plus tard et dégagent une forte odeur. En été, les fruits écarlates du Chèvre-feuille des haies, toujours disposés par paire, attirent notre attention. Le Sureau noir pousse surtout dans les endroits un peu moins secs, toujours le long du bisse. Ses fleurs répandent un parfum agréable, elles sont parfois utilisées pour confectionner une boisson très désaltérante. Les fruits mûrs par contre sont surtout utilisés pour faire de la confiture ou du sirop. Ils sont très appréciés par les oiseaux migrateurs, en particulier les Fauvettes. Le Frêne commun est également un composant important des haies. Il se plaît dans les endroits frais, sur un sol profond, léger et riche en matières nutritives. A l’opposé, l’Argousier n’est pas du tout exigeant, poussant en des endroits secs et rocailleux. L’Epine-vinette est aussi abondante et peu exigeante. La Viorne cotonneuse et le Cornouiller sanguin, qui n’ont par contre pas d’épines, sont présents presque dans chaque haie. Sous les fourrés ou en lisière poussent des plantes herbacées attrayantes comme le Géranium sanguin, le Géranium à feuilles rondes et, aux endroits particulièrement chauds, la Coronille élevée, à fleurs jaunes. Toutes ces plantes forment un fouillis souvent impénétrable favorable à la nidification et à l’alimentation de nombreuses espèces d’oiseaux, d’insectes et d’autres animaux. La Clématite des haies est plus gênante: elle recouvre des buissons entiers et menace d’asphyxie les jeunes pousses.

Le Troène est un buisson touffu avec des rameaux allongés en forme de verge des feuilles presque charnues, que l’on retrouve souvent dans les jardins. Les Chênes sont également abondants dans les haies et les fourrés. La plupart du temps, ce sont des hybrides mais les caractéristiques du Chêne pubescent, l’espèce qui s’adapte le mieux aux conditions de sécheresse et de chaleur, se reconnaissent souvent: la face inférieure de ses feuilles est munie de poils.

L’Erable champêtre, avec ses petites feuilles, aime chaleur et sécheresse. Le Sorbier alisier, à la face inférieure des feuilles blanchâtre, ressort nettement du feuillage vert des autres arbres. Ses feuilles assurent une protection contre une trop forte évaporation, En automne, les fruits mûrs d’un rouge éclatant, sont visibles de loin et attirent les Merles et les Grives. En été par contre, les grandes fleurs lilas des Eglantiers ornent les buissons et illustrent très bien la différence entre la finesse et la légèreté des plantes sauvages par rapport à la lourdeur et à l’exagération des plantes cultivées. Parmi les insectes, plusieurs espèces de Coléoptères, appartenant à famille des Cléridés notamment, profitent des fleurs. On rencontre aussi régulièrement des Cerisiers sauvages, des Noisetiers de même que l’Astrale à feuilles de Réglisse.

Tout bien considéré les buissons et les haies ont une fonction écologique extrêmement importante. Ils représentent un biotope d’importance nationale pour maintes espèces d’oiseaux. Presque la moitié des espèces de Suisse y vit. Les ornithologues fondent un grand espoir de voir se perpétuer ces cultures traditionnelles en évitant soit le piège d’une intensification outrancière soit leur abandon. Cette fonction écologique compense facilement la perte des surfaces occupées par les cultures. Reste à espérer que haies et buissons puissent être conservés à l’avenir. Ce sont des éléments essentiels du paysage qui font souvent la liaison entre différents biotopes. Les préserver serait une contribution importante à la sauvegarde du caractère diversifié de la Rampe sud.

Bibliographie

  • Daniel Maselli, Rampe sud du Lötschberg, Martigny, 1990

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