République fédérale

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A cette époque, le Valais forme une sorte de "république" fédérale, c’est-à-dire que le pouvoir et la puissance sont détenus par les représentants des dizains. Pour les différentes charges du dizain, en particulier pour la plus importante, celle de châtelain, une véritable rotation s'établit peu à peu afin de préserver l'identité des subdivisions le composant. Leur nombre varie de manière sensible en fonction de la géographie et des anciennes divisions féodales. C'est ainsi que le dizain de Brigue se trouve partagé en six Gumper et demi, que celui de Loèche est divisé en trois, celui de Viège en quatre et celui de Conches en deux. Ces entités correspondent à une ou plusieurs communautés, chacune pouvant à son tour se partager en plusieurs secteurs. Une organisation similaire se retrouve, entre autres, à Bagnes, Fully, Liddes ou Savièse.

Ces divisions montrent bien à quel point les relations internes de la communauté sont fondées sur le fédéralisme. En fait, à partir du XVe siècle, les communautés représentent la véritable base politique du pays. Réunies en conseil de dizain, elles désignent leurs représentants à la Diète convoquée par le prince-évêque, mais ceux-ci ne peuvent agir que sur un mandat précis de leurs communautés. "En principe toutes les décisions prises en Diète l'étaient ad referendum; elles n'entraient donc en vigueur qu'après ratification par les communes. De plus, l'unanimité était requise pour toutes les affaires importantes. La compétence des députés se limitait en théorie strictement à la transmission des ordres ou des instructions reçues de leurs communes". Ainsi, à l'image de la Confédération des treize cantons suisses, le Valais forme une sorte de confédération de sept dizains quasi indépendants, eux-mêmes formés de communautés se considérant comme autonomes. La lutte contre le prince-évêque contribue fortement à renforcer leurs liens, mais le pouvoir décisionnel des communes est tel qu'il s'avère difficile d'imposer des décisions applicables à l'ensemble du pays.

La communauté d'Orsières

Prenons l'exemple de la communauté d'Orsières, dans l'Entremont: comme on le note dans le règlement du 24 mai 1629, qui légalise une situation plus que séculaire, elle est répartie en trois secteurs de responsabilités politiques. Le premier comprend l'agglomération d'Orsières, le second, le val Ferret. Quant au troisième, il est constitué de deux zones rurales, comportant chacune cinq villages situés à flanc de coteau sur les deux rives de la Dranse. "Chaque tiers était égal ayant un syndic, changé chaque année, dont les pouvoirs paraissent avoir été du même ordre que ceux dont dispose aujourd'hui un procureur d'alpage. Les syndics étaient dans leur tiers les responsables qui veillaient à l'application des arrêts et ils exerçaient cette surveillance sous l'autorité du métral, le président de commune, mutatis mutandis".

Bibliographie

  • Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002

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