Réforme en Valais

De Wikivalais
Testament de Jean de Platea

Le Valais offre un exemple intéressant dans l’histoire de la Réforme, car la politique seule, tant extérieure qu’intérieure, conditionne la naissance, le développement et l’échec du mouvement. Une autre particularité est la longévité de l’expérience réformée, qui perdure jusqu’au milieu du XVIIe siècle, la condamnation officielle de 1604 ne mettant pas complètement fin au « parti politique » réformé.

Sommaire

Les débuts de la Réforme

Les partisans de la nouvelle foi se recrutent surtout parmi les membres d'un patriciat issu de petits bourgs de la plaine du Rhône, dont la fortune est essentiellement terrienne et non mercantile. Leur sympathie pour la Réforme s'explique par un faisceau de faits convergents: l'éducation de l'élite dans les écoles et les universités protestantes, l'appui qu'apporte la doctrine réformée aux Patriotes dans leur lutte contre le pouvoir du prince-évêque et une situation extérieure embrouillée qui conduit la Diète à ménager le puissant voisin bernois, passé à la Réforme dès 1528. Ainsi, le patriciat valaisan est séduit par les conceptions politiques des protestants. Un des aspects qui plait le plus est la souveraineté populaire.

La situation politique

Dans les années 1530, la situation politique pousse la Diète, dominée par les Patriotes, à ne pas prendre de positions claires en matière de foi. Comme le Valais se trouve dans une position géographique délicate, la Diète doit faire preuve de prudence. En 1536, Berne prie le Valais de les aider pour la conquête du Pays de Vaud. Les Valaisans conquièrent une partie du Chablais, jusqu'à la Dranse de Thonon, qui sera rendue en 1569 lors du traité de Thonon. Mais, tout en recherchant le soutien des Bernois, ils essayent de ne pas prendre de décision au niveau religieux.

L'impact réel de la Réforme

Dès 1524, l'impact de la Réforme devient important. La Diète doit se protéger, elle affirme sans cesse son attachement à la religion catholique. Les nouvelles officielles minimisent l’impact des idées réformées et les frontières sont étroitement surveillées. Les partisans essayent d'introduire la nouvelle foi dans les années 1538-1540 mais la peur d'un soulèvement populaire les pousse à agir de manière couverte. Dans les années 1560, le dizain de Conches manifeste son opposition à la nouvelle doctrine et il se déclare prêt à lever la Matze contre ceux qui se laisseraient séduire.

Il est très difficile de connaître la situation réelle des réformés en Valais. Toutefois, on peut affirmer, grâce au parchemin « Institution et establissement de l'exercice chrestien », qu'en 1585 il existe à Sion ce que l'on a coutume d'appeler une « église plantée », vraisemblablement d'inspiration calvinienne. La communauté protestante sédunoise représente environ un dixième de la population. L’autre communauté importante est à Loèche où un pasteur officie à partir de 1602.

Réflexions sur les causes réelles de la Réforme en Valais

Cependant, c'est au moment où la Réforme paraît triompher qu'elle reçoit le coup déterminant qui va la conduire lentement à sa perte. Le pays est en passe de devenir protestant, mais les réformés valaisans ont la malchance d'afficher clairement leurs options religieuses à l'époque même où la Contre-Réforme parvient à l'apogée de sa puissance. La Diète, réunie à Viège du 15 au 17 mars 1604, accorde un délai de deux mois aux protestants pour revenir à la religion catholique ou alors s'exiler. Dès lors, aucun protestant ne pourra siéger à la Diète, ni occuper de charge publique. Toutefois, la résistance des réformés et les menaces de guerre civile amènent celle-ci à la modération et au pardon. Seuls les plus récalcitrants doivent quitter le Valais.

Il y a plusieurs causes de l'échec de la Réforme en Valais. Tout d'abord, il semble que ce soit pour des raisons économiques et sociales que les dizains du Haut-Valais sont restés fidèles au catholicisme. Brigue par exemple voit son commerce s'ouvrir avec Milan, et par conséquent avec la très catholique Espagne. Une autre raison concerne le fait qu'aucun théologien protestant ne se trouve en Valais dans les années 1525-1560. Personne n'est là pour galvaniser la foule. Les langues (franco-provençal et haut-valaisan) ne sont pas là pour faciliter la venue d’un pasteur étranger. Finalement, l'attitude des princes-évêques en est aussi pour quelque chose, même si cela s'est fait malgré eux. En ne s’opposant pas violemment à la foi réformée, ils ont sauvé le catholicisme, sans effusion de sang.

Bibliographie

  • Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002

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