Question scolaire (1848-1914)
De Wikivalais.
Parmi tous les débats qui agitent la période de la modernisation du Valais, celui qui porte sur l’instruction publique est le plus long, et le plus décisif peut-être pour l’avenir du canton – dans la mesure où on estime qu’il ne peut y avoir de véritable démocratie sans éducation élémentaire généralisée.
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La Constitution Fédérale de 1874
Très majoritairement refusée par le Valais, elle joue cependant un rôle important pour son histoire. Les lois qui en découlent obligent le canton à se moderniser malgré lui ; elles l’arriment de force à la Suisse.
La nouvelle Constitution fédérale a centralisé l’armée. Depuis 1875, des examens sont organisés pour juger des aptitudes intellectuelles de toutes les recrues suisses. Dans le classement des cantons qui est publié au terme de ces examens, le Valais occupe les derniers rangs : en 1876, la majorité des jeunes appelés valaisans sont illettrés. Ce déplorable résultat n’émeut guère les dirigeants conservateurs : « Bien que l’amour-propre national nous impose le devoir de faire des efforts pour obtenir à notre canton un rang honorable parmi les Etats confédérés, nous ne voudrions pas exiger de nos populations des dépenses et des pertes de temps considérables, dans le seul but de pousser le Valais à quelques degrés plus hauts dans la statistique fédérale ».
En revanche, un article de la Constitution prévoit une possible ingérence fédérale si un gouvernement cantonal se révélait incapable d’assurer une instruction primaire élémentaire.
La loi sur l'instruction publique
Elle contenait de belles promesses ; sous la pression de Berne, il convient maintenant de passer aux actes. Des mesures sont alors prises pour améliorer les écoles normales, encourager les communes à construire des locaux décents et à augmenter le salaire des instituteurs. Mais il faudra de multiples combats et de nombreuses pétitions avant d’arriver à un consensus. En 1900, une pétition, soutenue par les journaux suisses, débouchera sur la loi de 1902 qui offre enfin des conditions plus décentes à des enseignants contraints à exercer souvent une activité d’appoint pour vivre.
C’est également une pression extérieure qui oblige le gouvernement conservateur à réformer l’enseignement secondaire : en 1880, le rapport du professeur genevois Carl Vogt propose de ne plus autoriser les élèves valaisans à fréquenter les universités suisses si les programmes de l’instruction secondaire ne sont pas revus et complétés. La proposition reste une menace et n’est pas mise à exécution, mais le Valais se doit de réagir.
Une politique efficace
Des efforts vont alors être consentis et portent rapidement leurs fruits : dès le tournant du siècle, les résultats des recrues valaisannes témoignent des progrès de l’alphabétisation. En 1886, encore 30% des jeunes gens aptes au service ont de la peine à lire et la moitié ne savent pas écrire ; en 1905, il n’y a plus qu’une recrue valaisanne sur cent qui ne sait pas lire et 4% qui ne savent pas (ou plus) écrire.
Bibliographie
- Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002
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