Protection du travail national (1914-1945)
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L'emploi des étrangers : un nouveau défi
En dépit de la situation de crise qui règne dans le canton au sortir de la guerre, le Valais a besoin d’ouvriers étrangers pour pallier la carence de main-d’œuvre indigène dans les métiers de la construction et de l’hôtellerie. Ce constat inquiète la classe politique et les milieux ouvriers en quête d’un nouveau consensus social après les épreuves de la guerre. Les étrangers apparaissent comme un défi pour l’intégration d’une classe ouvrière qui se veut de plus en plus nationale.
De fait, la politique libérale à l’égard de l’emploi des étrangers est critiquée et les discours en faveur de la protection ouvrière se doublent d’un appel à la protection du travail national.
Un but : développer la formation professionnelle et les institutions
Pour les radicaux, il ne s’agit pas de mettre en cause les fondements de l’économie libérale, mais de développer la formation professionnelle et les institutions de placement afin d’adapter l’offre de main-d’œuvre indigène aux besoins du marché du travail.
La prévoyance sociale
En 1928, dans la mouvance de la législation fédérale, le principe de l’assistance chômage est abandonné au profit d’une prévoyance sociale associant initiative privée et participation de l’Etat sous la forme de subventions aux caisses d’assurance chômage. Dans le but d’éviter que l’assurance chômage ne devienne un instrument contre le patronat et les allocations des primes au chômage volontaire, les caisses publiques et paritaires sont favorisées.
La situation se dégrade
En dépit des travaux d’utilité publique et des chantiers de la Dixence, la situation de l’emploi continue à se dégrader. Un fois de plus, la dépendance du marché du travail à l’égard de la politique d’emploi des grandes entreprises se fait sentir. Dans tous les secteurs, les salaires subissent des baisses alors que le temps de travail s’allonge. Le Valais connaît des salaires inférieurs de 30% par rapport à la moyenne suisse.
La motion de Charles Dellberg
En 1932, Charles Dellberg développe une motion de crise en onze points. Les revendications ne sont pas nouvelles : intensification de la lutte contre le chômage, intervention de l’Etat afin d’empêcher la baisse des salaires et protection du travail national. Troillet reproche à Dellberg de méconnaître les particularités du Valais et de proposer des mesures inadaptées. Parmi les grandes entreprises de la période, le chantiers de Barberine (1920-1926) et de la Dixence (1929-1935) sont des hauts lieux de l’action syndicale et politique pour l’amélioration des conditions de travail et de salaires des ouvriers. Cette action s’accompagne de la volonté de stabiliser et de nationaliser la classe ouvrière en donnant la préférence à la main-d’œuvre nationale. Dans ce contexte, les réactions antiétrangères sur le marché du travail s’exacerbent. Les socialistes s’insurgent contre la concurrence, jugée déloyale, des ouvriers saisonniers et, en 1934, Dellberg demande l’interdiction totale de l’entrée des ouvriers étrangers en Valais.
La relance de l'offre d'emploi
Dès 1937, la reprise de la production liée à l’économie de guerre, ainsi que les travaux d’équipement – aménagement du Rhône, routes touristiques et de transit – relancent l’offre d’emploi. L’Office cantonal du travail préconise ainsi une adaptation progressive des salaires, déjà manifeste dans les contrats collectifs des métiers de la construction.
Bibliographie
- Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002
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