Prospection des gisements

De Wikivalais.

Nos gisements n'ont été exploités que pendant les guerres et nos autorités ont pensé que si, une fois encore, la Suisse était coupée des ses fournisseurs, elle devrait se rabattre sur ses réserves et que, par conséquent, il serait bon de connaître ces réserves. Par ailleurs, s'il est vrai que nos gisements sont pauvres, il est également vrai que les méthodes d'extraction et de traitement des minerais progressent, rendant éventuellement rentable une exploitation qui aurait été déficitaire il y a quelques années.

On ne peut pas espérer des découvertes sensationnelles dans un pays habité depuis des millénaires, tel le Valais, comme on peut en espérer dans les territoires vierges et démesurés du Canada, par exemple. Pourtant, si l'on veut localiser de nouveaux indices de minéralisation, il faut utiliser les mêmes méthodes dans les deux cas. C'est ce qui fut fait grâce à un vaste programme financé par le Fonds National pour la Recherche Scientifique (programme Uromine).

La première méthode mise en œuvre repose sur la chimie. Un gisement, même s'il n'est pas directement visible, peut libérer certains de ses composants qui vont migrer dans le sol, dans l'eau, voire dans l'air. Des analyses d'échantillons prélevés dans l'eau des rivières, dans leurs alluvions, dans les sols permettent de localiser des anomalies géochimiques, c'est-à-dire des endroits où les teneurs sont anormalement élevées d'un élément ou d'un autre. Lorsque une telle anomalie a été localisée, on en cherche la cause.

Plusieurs méthodes géophysiques peuvent encore aider le prospecteur. Pour prendre la plus évidente comme exemple: un gisement de magnétite provoque une anomalie du champ magnétique terrestre qu'une boussole ultrasensible (un magnétomètre) arrive à localiser. Il existe d'autres méthodes du même genre, applicables à d'autres cas. Lorsque toutes ces méthodes auront été épuisées on passera à la phase la plus coûteuse: forage, ouverture d'une tranchée, d'une galerie, pour toucher le gisement.

Ont été prélevés 4330 échantillons dans lesquels 17 éléments au moins furent dosés, ce qui représente un total de 80 000 dosages. Heureusement que les calculatrices ont été inventées pour traiter une pareille masse de données! Ainsi furent établies des cartes d'anomalies pour les éléments intéressants ou significatifs et des études géophysiques simples furent menées à terme.

Quels résultats pour cet important effort de recherche? On comprend mieux maintenant la répartition de certains éléments, comme le tungstène, d'ailleurs nouveau venu sur la scène valaisanne. Des gisements d'autres métaux ont été localisés. Il faudra maintenant les explorer plus en détail, ce qui ne semble plus être le rôle de l'Etat. Comme tout programme de recherche, pour un problème résolu, c'est cent problèmes nouveaux, mais mieux posés.

Bibliograhie

  • Marcel Burri, Les roches, Martigny, 1994

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