Pression savoyarde

De Wikivalais
Clef de voûte aux armes d'Amédée III, Saint-Maurice

L’année 1475 marque, pour la plus grande partie du Valais occidental, la fin du contrôle savoyard et le passage sous celui de l’évêque de Sion flanqué des Patriotes. En réalité, cette césure se préparait depuis un bon siècle déjà.

Après une phase d’installation progressive à partir du XIIe siècle, les comtes de Savoie sont, à fin du XIIIe siècle, les maîtres du Valais en aval de Sion. Cette zone fait partie du baillage du Chablais. Les comtes la gouvernent à travers un réseau efficace de châtelains, de vice-châtelains et d’officiers subalternes. Ils tiennent ainsi le grand chemin du Mont-Joux. Depuis « leur » Valais, les comtes de Savoie ne cessent d’intervenir de toutes sortes de manières dans les affaires de la principauté épiscopale située en amont de Conthey. Il s’agit pour eux de contrôler le grand chemin du Simplon, mais aussi de surveiller les liens de Milan et de la Suisse naissante avec les évêques de Sion et les « Patriotes ».

Bien des choses changent cependant en Valais depuis les années 1320. Avec le déclin des foires de Champage, le trafic commercial diminue à travers le Mont-Joux et le Simplon ; c’est autant de perdu pour les postes de péage qui enrichissaient les comtes puis (dès 1416) ducs de Savoie. En amenuisant le nombre des contribuables, les graves épidémies qui sévissent entre 1349 et les années 1420 affaiblissent nettement les revenus comtaux dans une région déjà peu rentable pour le Trésor. Enfin, l’Etat savoyard tend à se recentrer sur le sud des Alpes.

Tout cela fait que, aux yeux des Savoyards, la haute vallée du Rhône devient marginale et secondaire. Si – fait d’un côté positif – le contrôle administratif des comtes sur le Valais occidental se relâche dès le début du XVe siècle, on ne doit pas oublier que les petites villes ont dû souffrir de cette forme d’abandon. Parallèlement, les visées de la Savoie sur le Valais épiscopal se font molles, sauf incidents, et la frontière de Conthey est définitivement acceptée en 1384. Cet état de faits durera jusqu’à l’opération de « reconquête » lancée en 1475 par l’évêque Walter Supersaxo.

L'autorité et l'administration savoyarde

Dans sa circonscription, le châtelain veille à l’ordre public, rend la justice en étroite collaboration avec un juge itinérant, et prélève les revenus comtaux. A l’origine, les mandats des châtelains ne duraient guère plus d’une année, mais, depuis le début du XVe siècle, ils s’allongent nettement.

Les officiers locaux oeuvrent sous le contrôle exigeant de la Chambre des comptes. Ils n’échappent pas non plus au regard des communautés locales, très attentives au respect de leurs droits, que le comte est d’ailleurs prêt à défendre contre ses propre officiers.

L’administration savoyarde use systématiquement de l’écrit. Chaque année, les châtelains rendent compte de leur gestion ; on dresse, le cas échéant, la liste des contribuables astreints au versement du subside ; les biens fonciers sont déclarés par ceux qui les tiennent et inscrits dans des registres ; des rapports et des lettres circulent régulièrement entre le comte, l’administration centrale, les officiers locaux et les communautés sujettes.

Bibliographie

  • Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002

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