Pouvoir de l'Eglise
De Wikivalais.
Le dernier demi-siècle s’illustre par des changements structurels qui influencent fortement les rapports entre l’Eglise et la société civile.
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L'emprise religieuse sur les mentalités
Entre 1945 et 1965, des liens importants unissent l’Eglise et l’Etat en Valais, notamment en ce qui concerne l’éducation. L’art. 3 de la loi scolaire de 1962 précise que la mission de l’école vise à seconder la famille dans l’éducation et l’instruction de la jeunesse et qu’à cet effet, elle recherche la collaboration de l’Eglise. Même si les paroisses interviennent de moins en moins dans le jeu politique, elles sont toujours financées par les communes.
La place dominante du catholicisme
Au milieu du XXe siècle, le catholicisme occupe une situation dominante en Valais. L’enquête menée en 1958 par l’Action catholique romande atteste la sanctification du dimanche et l’assistance régulière à la messe. Les initiatives émanant des milieux économiques se heurtent à de fortes résistances lorsqu’elles imposent un travail dominical et les établissements publics ferment durant l’office religieux.
La promotion du spirituel
Le Concile de Vatican II (1962-1965), caractérisé par l’ouverture vers les laïcs et l’œcuménisme, suscite des tensions dans un Valais encore marqué par l’épiscopat intransigeant de Mgr Bieler. Les milieux intégristes développent à Ecône un important foyer de résistance. Il n’y a pourtant pas de relation causale directe et univoque entre les positions conciliaires et la sécularisation.
L'Eglise cherche à se rapprocher des fidèles
L’Eglise change, elle tente de réactiver les valeurs chrétiennes dans la société en se rapprochant des pratiquants: l’horaire des messes s’étend du samedi soir au dimanche soir, la décoration des édifices religieux se dépouille, les églises accueillent des concerts de musique sacrée ou profane. Dans le sanctuaire, l’aménagement de l’espace et la suppression des grilles rapprochent le prêtre de l’assemblée des fidèles. Dès 1970, la Conférence suisse des évêques accorde aux fidèles qui le demandent la possibilité de recevoir l’hostie dans la main.
La présence des religieux dans la vie publique se réduit
La suppression, en 1963, de l’obligation de porter la soutane contribue à la discrétion de la présence ecclésiastique. Comme les vocations se raréfient à la fin des années 1960, les charges financières de l’Eglise s’alourdissent, contraignant les congrégations à remettre les institutions scolaires dont elles s’occupaient autrefois. La forte présence des religieuses dans le personnel infirmier diminue pour les mêmes raisons. Pour faire face aux enjeux de l’évangélisation, l’institution ecclésiale s’ouvre progressivement aux hommes, puis aux femmes laïques. La moyenne d’âge des prêtres actifs s’élevant, Mgr Schwéry recommande, en 1979, la création dans les décanats de secteurs pastoraux, c’est-à-dire d’ensembles de paroisses liées aux communes d’un district ou d’une région socio-économique. Conduits par une équipe pastorale formée de prêtres et de laïcs mandatés par l’évêque, ces secteurs forment désormais la base de l’évangélisation.
D'autres priorités
Les recensements fédéraux de 1980 ou de 1990 indiquent toujours une proportion majoritaire de catholiques en Valais. La pratique religieuse bénéficie également du maintien de la catéchèse dans l’enseignement obligatoire, ce qui s’avère délicat dans les agglomérations urbaines qui regroupent plusieurs confessions. Toutefois, la vie de famille, le travail et les loisirs constituent désormais les priorités des Valaisans contemporains. Les conservateurs estiment la religion menacée et déplorent la baisse des vocations, celle de la pratique religieuse ainsi que l’absence de morale publique. L’intransigeance du discours des milieux intégristes, notamment en matière de toxicomanie et d’interruption de grossesse, contraste avec l’attitude plus nuancée de l’Eglise valaisanne.
Bibliographie
- Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002
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