Population et société au Moyen Age
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Le peuplement et la population
Jusqu'au tournant du millénaire, le peuplement du Valais n'est connu qu'approximativement. Pour les débuts de la période, on peut obtenir une image assez réaliste en considérant, d'un part, l'extension du peuplement indigène à l'époque de La Tène et, de l'autre, les lieux où la civilisation romaine a laissé une trace. Les fouilles révèlent que l'occupation de certains sites se fait de façon continue depuis l'époque romaine.
Forum Claudii Vallensium (Martigny), seule véritable ville romaine, disparaît au début du Ve siècle à cause de la conjoncture politique et économique. Les habitants se replient dans une petite agglomération peu éloignée des ruines. A Sion, les habitants se retirent dans le vallon à l'est de la Sionne. Certaines bourgades secondaires, des vici, connaissent une évolution semblable.
Les quelques informations retirées des fouilles archéologiques ne suffisent pas à faire une véritable étude démographique de la population valaisanne du Ve au Xe siècle. En effet, ni les variations du nombre d'habitants ni la composition de la population ne peuvent être déterminés. On aimerait également savoir si les différentes dynasties franques provoquent l'arrivée de nouveaux habitants. Sur ce point, les objets typiques des époques burgonde et franque trouvés dans le sous-sol ne nous renseignent guère. Quant aux incursions des Lombards, en 569 et 574, elles ne provoquent pas d'importants transferts de population en Valais.
La population du Valais paraît avoir hérité des diversités régionales des siècles antérieurs. Il est ainsi frappant de constater qu'aux VIe et VIIe siècles, Sion est encore appelée Sedunis (ou Sidunis), ce qui signifie «chez les Sédunes», du nom de l'un des quatre peuples qui se partagent le Valais au début de l'époque romaine. Ses occupants semblent conserver longtemps une certaine conscience des limites de leur petit territoire et de leur identité propre.
Avant le tournant du millénaire, des populations germanophones (provenant de deux régions de l'Oberland bernois) s'installent dans la haute vallée du Rhône. Nous n'en connaissons pas les causes mais ces migrations sont à l'origine de la bipartition linguistique et culturelle du Valais.
La société
L'organisation de la société est bien reflétée par la loi Gombette, promulguée en 502 par le roi des Burgondes, auquel le Valais est déjà subordonné. Ce texte assure l'unité et l'égalité entre les hommes libres de souche burgonde et gallo-romaine. Par contre, la coupure entre les esclaves et ces derniers ne change pas. La loi étend sa protection aux colporteurs, aux marchands et à leurs marchandises. Des sanctions particulières sont prévues contre les juifs qui porteraient atteinte à la personne ou aux biens des chrétiens. Ce texte de loi restera en vigueur au moins jusque dans le courant du IXe siècle.
L'essentiel des ressources est fourni par l'agriculture, l'élevage et un certain nombre de ponctions directes sur la nature sauvage. Malheureusement, on ne connaît pas dans le détail la nature précise des denrées consommées, ni les techniques mises en œuvre pour se les procurer.
Les rares textes disponibles (par exemple: la Chronique de Marius d'Avenches, «l'acte de fondation» de l'Abbaye de Saint-Maurice,…) ne fournissent aucune indication à ce propos. On ne peut attendre de réponse que de l'archéologie, qui doit encore repérer les étapes et techniques de défrichement et de mise en culture, et reconnaître les constructions liées à l'exploitation du sol.
Bibliographie
- Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002
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