Population au XVIIIe siècle

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Il n'est pas vraiment possible de retracer l'évolution de la population valaisanne au cours de l'ensemble de l'Ancien Régime car les sources manquent. D'après le recensement de 1798, le Valais est divisé en douze dizains dont la population varie entre 3000 et 8000 habitants. La plupart des gros bourgs n'atteignent pas 1000 habitants. L'ensemble de la population est alors estimée à 60344 habitants, mais ce chiffre est en réalité sous-estimé.

Sommaire

Les pestes

Ex-voto de la chapelle Notre-Dame de Compassion, Martigny

Les épidémies de la seconde moitié du XVIe siècle et celles qui jalonnent le XVIIe siècle ont freiné la récupération démographique en marche dès 1450 après les effrayantes attaques de la peste noire au XIVe siècle.

La fréquence des attaques de la peste est élevée au XVIIe siècle. Les Valaisans en ont peur. La Diète édicte des règlements très stricts contre la contagion et on crée des cimetières particuliers pour les pestiférés. Le fléau atteint son paroxysme en 1628-1629 et 1638-1639. A Sion, par exemple, où l'on compte moins de 2000 habitants, on recense 614 morts lors de la première épidémie et 466 lors de la deuxième. En outre, de petits villages entiers disparaissent dans les dizains de Conches et de Brigue. Il n'est pas possible de préciser combien de victimes ont été touchées.

Influence de la peste sur l'économie

Les pestes paralysent l'activité économique. A chaque crise, Milan suspend tout commerce vers le Simplon. Quant au Valais, il interdit à ses ressortissants de se rendre aux foires et fait appliquer une quarantaine de quatre à dix semaines aux frontières. La peste, toutefois, joue un rôle intéressant dans la fixation des frontières. En effet, il faut s'entendre avec le pays voisin sur l'installation des postes de surveillance contre la maladie, ce qui fait jurisprudence en matière de limites territoriales.

La disparition de la peste et les mesures d'hygiène

Le fléau disparaît de Suisse vers 1670. Cela peut être dû aux mesures d'hygiène imposées ou alors à une modification de l'agent pathogène, associée à une immunisation acquise par la population survivante. La variole, autre maladie redoutable, subsiste cependant. Elle touche surtout les enfants de un à quatre ans. Ce n'est qu'au début du XIXe siècle que l'introduction de la vaccination fait reculer cette maladie, grâce aux médecins Jean-Joseph Emmanuel Gay de Sion et Eugène-Arnold Gard de Saint-Maurice. Cette maladie est l'un des facteurs de stagnation du nombre d'habitants de la capitale. Le deuxième est l'émigration. La population sédunoise reste quasiment identique entre 1670, avec 1905 habitants, et le 1er décembre 1797, avec seulement 41 personnes de plus.

Bibliographie

  • Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002

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