Politique agricole de l'entre-deux-guerres
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L'agriculture comme fondement de la prospérité
Entrepris dès 1860, l’endiguement du Rhône et l’assainissement de la plaine permettent une première révolution agricole, dont les effets sont toutefois atténués par le morcellement des propriétés et par un mode de production archaïque. En dépit des crises et des difficultés à rentabiliser un secteur fragilisé par la concurrence étrangère, les autorités et l’opinion valaisannes du début du siècle continuent de considérer l’agriculture comme le fondement de la prospérité. Pourtant, la guerre met en évidence l’insuffisance et les carences des ressources agricoles du canton. De fait, le Valais n’est pas en mesure de se suffire à lui-même, notamment pour les produits laitiers qu’il doit importer des cantons voisins. En 1941, la Valais ne produit que 40% de sa nourriture.
Maurice Troillet et la modernisation de l'agriculture
Sous l’impulsion du nouveau conseiller d’Etat Maurice Troillet, le gouvernement affirme sa volonté d’accélérer la modernisation de l’agriculture. Il prône une politique globale visant à augmenter les surfaces cultivables, à diversifier et à rentabiliser la production, à améliorer la qualité des produits et à organiser leur écoulement. Son projet s’articule autour de quatre objectifs prioritaires, à savoir la poursuite intensive des travaux d’améliorations foncières, la réalisation du remaniement parcellaire, la promotion de l’enseignement professionnel et la structuration du monde agricole. L’Etat entend renforcer l’initiative privée par une politique de subventionnement, appuyée par l’aide financière de la Confédération dans le cadre de son programme national d’aide à l’agriculture et aux populations de montagne.
Les améliorations foncières
L’entre-deux-guerres correspond pour le Valais à un développement considérable des travaux d’améliorations foncières. L’assainissement et le défrichement de la plaine du Rhône se poursuivent dans les régions de Viège-Rarogne, Sion-Riddes, Saillon-Fully et Riddes-Martigny. Dès 1918, les régions de montagne bénéficient de subsides de l’Etat pour l’amélioration des alpages, la construction d’étables et de fromageries, ainsi que l’adduction d’eau d’abreuvage. La Confédération étend aussi ses subventions à la création des chemins destinées à faciliter l’exploitation alpestre et à desservir des vallées et des communes difficilement accessibles. A partir de 1929, le Valais entreprend de développer et de rénover ses réseaux d’irrigation, notamment avec le remplacement progressif des bisses, peu étanches, par des canalisations et par le percement de tunnels. Il s’agit de répondre aux problèmes nouveaux posés par la reconstitution du vignoble et par les cultures intensives, ainsi que de mettre en culture des terrains asséchées de la plaine.
Le remaniement parcellaire et l'enseignement agricole
Pour assurer le succès de leurs réformes, les autorités doivent encore s’attaquer au problème très sensible du remaniement parcellaire. De fait, le Valais connaît une forte atomisation du sol productif. Cette situation est la conséquence d’un droit foncier qui ne prévoit aucune restriction au partage des biens-fonds et des mentalités qui peinent à évoluer. Pour le Conseil d’Etat, il est urgent de réorganiser l’enseignement agricole sur la base d’une formation pratique et théorique, dans la perspective d’une gestion orientée vers la rentabilité. Deux établissements sont ainsi ouverts : l’un à Viège en 1920 et l’autre à Châteauneuf en 1923.
Vers une économie de marché
L’orientation de l’agriculture vers une économie de marché implique également une surveillance de la qualité, ainsi qu’une organisation rationnelle de la conservation et de l’écoulement de la production, tâches qui ne sauraient être conduites individuellement. Dès la fin de la guerre, on encourage les producteurs à s’associer, avec l’aide de l’Etat. Après la création des laiteries communes, une Fédération valaisanne des Producteurs de Lait voit le jour en 1919. En 1929, le Grand Conseil accepte le principe et le financement des caves coopératives, afin de permettre aux vignerons d’encaver leur production et de ne pas devoir céder leur vendange à vil prix. Les caves de Leytron, Sion, Sierre et Ardon s’unissent alors sous le nom de Fédération des Producteurs de Vins du Valais. De même, pour rendre viable un marché vulnérable, inondé par les produits importés de l’étranger, d’autres secteurs se structurent et donnent naissance à l’Union des expéditeurs de fruits du Valais (1931), à la Fédération valaisanne des producteurs de fruits et de légumes et à l’Union valaisanne pour la vente de fruits et de légumes (1934).
Bibliographie
- Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002
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