Pinson

De Wikivalais

Le pinson des arbres est l'oiseau le plus abondant de notre pays, à Zurich on pense qu'il représente plus du 13 % de tous les oiseaux. Ce fringille qui se nourrit de semences récoltées au sol en hiver, cueille des insectes sur les arbres en été. Il se rencontre en densité variant de 20 à plus de 200 couples par km2, partout où il y a des arbres d'au moins 6 m de haut. Sur cette base, une estimation prudente évalue à quelque 2 millions le nombre de couples nicheurs en Suisse.

On connaît au moins 20 vocalisations différentes, toutes innées sauf le chant et le cri du rut. Ce dernier représente la particularité de varier selon les lieux. En 1951 déjà, Michel Defayes a tenté de cartographier la répartition des différents dialectes en Valais. En période de reproduction, la tête du pinson mâle se recouvre d'une magnifique teinte gris bleuté. Par usure de la partie distale brune, les plumes révèlent la couleur bleue de leur base.

Un croupion blanc, un appel nasillard signalent la présence de nouveaux venus dans les vols de pinsons des arbres indigènes. C'est le pinson du nord qui a gagné nos contrées pour l'hiver. Friands des faînes du hêtre, ces oiseaux nordiques ne sont jamais très nombreux en Valais, mais si la neige tombe très tôt dans le nord de l'Europe ou si la fructification du hêtre y et faible, les pinsons sont chassés en masse de Scandinavie et de Sibérie. Ils se concentrent alors dans les régions où les faînes abondent. De 1900 à 1984, une telle conjonction d'événements a entraîné quatorze invasions massives de notre pays. Mais le Valais demeure sur la marge et n'accueille jamais le million d'oiseaux que l'on peut voir obscurcir le ciel près des plus importants dortoirs de Suisse centrale et du Jura.

Il y a quelques années, des busards Saint-Martin, interrompant leur voyage vers le sud, passaient la première moitié de l'hiver chez nous. Lorsque la neige tardait, on pouvait les voir raser de leur vol chaloupé le sol de certains alpages. Ils se montraient ici et là en plaine sur les friches ou les prés, mais exploitaient de préférence les steppes du coteau de la rive droite, entre Fully et Saillon ou dans le Haut-Valais.

Entre le pinson du nord qui nous visite fidèlement chaque année et le busard au séjour imprévu, le jaseur boréal est connu de longue date pour ses invasions irrégulières : abondant en hiver 1989–1990, il n'avait plus été vu en Valais depuis ses apparitions de 1963 et 1974. De nombreux hivernants venus du froid passent inaperçus parmi les oiseaux indigènes. Comment distinguer un pinson des arbres suédois de son confrère valaisan, un rouge-gorge de la taïga d'un individu descendu des mayens ?

Bibliographie

  • Pierre-Alain Oggier, La Faune, Martigny 1994

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