Pie-grièche

De Wikivalais

Quelques oiseaux du bocage n’arrivent qu’en mai. La pie-grièche écorcheur, dernier représentant de la famille à survivre en Valais, ressemble à un bandit masqué. Insectivore chassant à l’affût sur un perchoir dominant, sa présence dépend de celle de buissons épars, d’arbres ou de piquets. Elle fréquente les prairies fleuries riches en papillons , coléoptères, criquets, sauterelles, grillons et autres insectes de belle taille. A l’époque des fenaisons, elle concentre son activité sur les parcelles fauchées : ses proies n’ont plus d’abri. Elle cache volontiers son nid dans les buissons épineux, à défaut sur un arbre, mais jamais bien haut. Avant l’éclosion des jeunes, la chasse se porte sur out le territoire, soit 1 à 2 ha. Mais dès, que les poussins réclament davantage de nourriture, les parents restreignent leur activité à un rayon de 20 à 30 m autour du nid, pour réduire les déplacements.

Ses exigences modestes lui permettent de nicher régulièrement jusqu’à 1500 m d’altitude et occasionnellement plus haut encore jusqu’à 1700 m. Mais sa présence en plaine n’est plus que sporadique et dispersée

Ne confondons pas pies-…grièches et pies. Au début de ce siècle, trois pies-grièches – celle à tête rousse, la grise et l’écorcheur – fréquentaient les terres cultivées de basse altitude où alternaient prairies et grands arbres ou buissons ; arbres fruitiers ou haies.

La pie-grièche à tête rousse, la plus belle des trois, avec ses ailes sombres tachées de blanc, sa calotte rousse et sa poitrine rose clair, était liée aux vergers d’arbres fruitiers à hautes tiges, pommiers, poiriers, cerisiers peu importait, pourvu que les arbres fussent suffisamment espacés pour lui permettrent une chasse à vue, à partir d’un poste élevé. Sa répartition allait de la plaine jusqu’à une altitude de 1000-1200 m sur l’adret ; elle n’a jamais niché dans les vallées ou sur le coteau de la rive gauche. Lorsqu’on trouvait son nid, perchée sur le pommier voisin, elle manifestait son inquiétude par des krékrékrékrékré râpeux tout en dessinant des cercles nerveux avec sa queue noire bordée de blanc. Dans les années 1970, entre Riddes et Sierre, une vingtaine de couples dispersés nichaient encore. Les six couples de Riddes ont rapidement disparu avec les vergers qu’ils habitaient, puis ce fut le tour des population d’Uvrier et de Magnot, lors de l’aménagement des zones à bâtir.

La pie-grièche grise, la plus grande, exclusivement présente en plaine, nichait encore sur les peupliers dans les années 1950, chassant dans les vastes prairies alentour.

Bibliographie

  • Pierre-Alain Oggier, La Faune, Martigny 1994

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