Peuples et les modes de vie à l'époque romaine

De Wikivalais

Il est évident que l’intégration du Valais au monde romanisé va modeler en profondeur le comportement des communautés locales. Mais, malgré le fort pouvoir d’attraction qu’exerce la nouvelle civilisation, on aperçoit au gré du temps des adaptations régionales. Cela montre à l’évidence que la société, à l’aube de notre ère doit présenter une structure stable, dont les racines s’ancrent dans un passé lointain.

Sommaire

La population du Valais romain

Elle est composée, dans son immense majorité, de Celtes et d’autochtones profondément celtisés, qui se romanisent à des degrés divers en fonction de leur lieu de résidence, de leur statut social et de leurs activités. Les quatre tribus qui peuplent alors le Valais sont les Nantuates dans le Chablais, les Véragres dans la région de Martigny, les Sédunes dans le Valais central et les Ubères dans le Haut-Valais. Les Romains ou Italiens sont peu nombreux: quelques fonctionnaires attachés au gouverneur de la province, quelques soldats chargés de la sécurité des routes et du gouverneur, des spécialistes et des techniciens s’occupant de la formation des indigènes et des travaux spécifiques comme les constructions publiques et privées. Enfin, quelques commerçants déploient sans doute leurs activités à proximité de la route du Grand-Saint-Bernard. Cependant, on ne peut à proprement parler de colonisation romaine en Valais.

La population valaisanne est une population active qui sait tirer parti des conditions géographiques et climatiques intéressantes de la région. Une grande partie des revenus provient du transit de marchandises par les cols. Différents métiers, comme celui de guide, de porteur ou d’aubergiste, ainsi que des activités liées à l’entretien des routes, sont fréquemment pratiqués. De nombreux artisans tels les selliers ou les charrons profitent également du trafic. C’est à proximité de la route du Grand-Saint-Bernard que l’on observe les manifestations d’acculturation les plus précoces et les plus fortement implantées. Au contact des voyageurs – soldats, fonctionnaires, marchands… – on construit des relais, des dépôts ou des thermes publics, on organise des manifestations sportives et culturelles, on modifie aussi ses habitudes alimentaires ; on adopte, en somme, un cadre et un mode de vie romains.

Les transformations

Forum de Martigny

Elles sont progressives et différenciées d’un lieu à l’autre. La marque de Rome est par exemple très forte à Martigny où l’on implante une nouvelle ville, distincte de l’ancien bourg. Cette agglomération s’établit selon un schéma typique romain comprenant au centre un forum avec sa place du marché bordée de boutiques et sa basilique, des bâtiments publics (thermes, temples…), des insulae, et des domus particulières. Dès la création de la ville, on utilise des matériaux et des techniques de construction romains, mais en dehors du noyau urbain, on continue d’édifier des bâtiments privés – habitat, ateliers, entrepôts – en terre et en bois. Le confort des habitations s’améliore considérablement sans pour autant devenir luxueux; de nombreux bâtiments publics ou privés sont dotés d’installation de chauffage mais ne sont que rarement luxueusement décorés. On n’y retrouve que peu d’objets d’art et aucune mosaïque ; quant aux peintures murales, elles ne sont pas de grande qualité esthétique.

Martigny est une ville de culture où l’on peut faire ses études, perfectionner son latin. Langue du législateur, de l’administration et des détenteurs du pouvoir, le latin est compris dans tout l’Empire. C’est aussi une langue de culture et d’éducation qui se répand facilement au même titre que l’usage de l’écriture.

Dès la conquête, le numéraire romain supplante les monnaies véragres ; celles-ci sont utilisées pour quelque temps encore, comme offrandes votives. La diffusion dans tout l’Empire d’une monnaie forte et constante, de bon aloi, rend en effet inopérant l’usage du numéraire local.

Les techniques et le mode de vie

Ils ne sont pas adoptés de façon uniforme dans tout le Valais ; par exemple dans les vallées latérales et en altitude, les habitudes – techniques de construction… – ne sont guère différentes de celles de l’époque gauloise. La population, attachée à ses traditions, est moins facilement en contact avec l’Empire et la romanisation ne se fait que très peu.

Bibliographie

  • Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002

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