Petit peuple
De Wikivalais.
Depuis les années 1790, on ne compte plus les désastres et les catastrophes. Les mauvaises récoltes sont particulièrement nombreuses et compromettent l'approvisionnement des ménages. Maladies et épidémies sévissent régulièrement. Des inondations, des incendies, des avalanches détruisent villages et récoltes. Les gens subissent aussi les passages des troupes, les occupations militaires, les réquisitions, les pillages…
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La crise de 1816-1817
Celle de 1816-1817 surpasse toutes les difficultés. Face à une situation catastrophique, les autorités locales sont inquiètes car la situation est menaçante pour la tranquillité sociale comme le dit le président Dufay: « Je ne puis passer sous silence l'agitation extrême qui règne dans ce dizain et dont les suites continuent à nous inspirer de vives inquiétudes. Les propos les plus affreux se tiennent contre les magistrats, on menace leurs maisons et celles des riches du pillage, on arrête les chars de pommes de terre sur les routes et des attroupements de 15 à 20 personnes vont de nuit dans les habitations sous prétexte que ceux qui les habitent sont des contrebandiers et enfin les vols se multiplient à l'infini ».
L'idéologie réactionnaire
Mais cette situation sert d'argument à l'idéologie réactionnaire car pour certains tous les désastres ne seraient pas tombés sur le Valais par hasard. Beaucoup estiment que les principes de liberté et d'égalité ne pouvaient amener que guerre, famine, impôts et bureaucratie dans le pays.
La disette de 1816-1817
Une des plus considérables calamités dont le pays ait jamais été affligé est le long hiver de 1816 suivi d’un printemps très tardif et d’un été pluvieux. Ce qui préjudicia grandement d’abord aux vignes dont la sortie fut petite, surtout du rouge ; les pluies froides et fréquentes de l’été firent manquer la floraison et firent couler le peu de vin qui était né. Les foins furent assez abondants, mais les regains, presque nuls. Le blé eut grand-peine à mûrir dans les hauteurs, et dans la plaine il rendit peu de grain. Par surcroît de malheur, un froid très vif au commencement d’octobre gela le raisin qui commençait à peine à tourner, et les blés de Turquie furent si retardés au Haut-Valais et les châtaignes, au Bas-Valais que même sans cette gelée prématurée, ils auraient eu peine à mûrir[…] Aussi par suite d’une telle intempérie le pays essuie-t-il en ce moment (j’écris ceci en novembre 1817) une telle disette que le seigle depuis quelques mois se vend de 80 à 100 batz le fichelin et le froment de 110 à 120, et le vin, plus d’un louis le setier en gros et plus de 10 batz le pot en détail[…] Ce qui augmente la disette est d’une part la grande consommation de denrées qu’a occasionnée l’année dernière le passage d’une armée autrichienne et, d’autre part, cette année une exportation plus considérable qu’à l’ordinaire de notre blé, soit au pays de Vaud par nos bacs sur le Rhône au Bas-Valais, soit au Haut-Valais par le Simplon. On connaît les accapareurs et on les laisse profiter de la misère publique. Il est vrai que notre gouvernement n’a pas défendu la sortie du blé ni nos autres denrées, mais les pauvres de la campagne et les artisans des villes sont les tristes victimes de la cupidité de quelques individus qui ont fait cet indiscret commerce au moment même où la disette commençait à se faire le plus sentir et les mauvaises saisons, à ruiner les espérances des propriétaires et des cultivateurs. [1]
Bibliographie
- Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002
- ↑ A.-J. de Rivaz, Mémoires historiques sur le Valais, 1961, t.2, pp. 220-221
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