Patois de type franco-provençal

De Wikivalais

La fragmentation du gallo-roman place le domaine francoprovençal dans une position géographique de charnière par rapport aux domaines d'oïl et d'oc et encore aux confins des parlers italo-romans et des parlers alémaniques de la Suisse. Effectivement, les patois valaisans s'étendent jusqu'à la frontière linguistique de l'allemand : la limite entre les deux langues coïncide, au nord, avec la ligne de démarcation cantonale de Berne, puis, traverse le Valais à l'est de Sierre et du Val d'Anniviers et atteint la frontière italienne.

Le territoire francoprovençal se situe de part et d'autre de l'Arc alpin : en France, en Italie et en Suisse, soulignant ainsi le fait que les cols relient les lieux et les communautés humaines davantage que les montagnes ne les séparent. Par exemple, les patois du district de Monthey se rapprochent d'un côté de ceux de Châtel et d'Abondance dans la Savoie voisine et, de l'autre côté, de ceux du canton de Vaud, de la région d'Ollon, sur la rive droite du Rhône. Les patois de la vallée du Grand- Saint-Bernard partagent des caractères avec les patois valdôtains d'Etroubles, ceux de Bagnes avec ceux d'Ollomont parlés sur l'autre flanc des Alpes. Les patois du fond du Val d'Hérens présentent de nombreuses similitudes avec ceux de Bionaz et de la Valpelline. L'espace alpin apparaît comme celui de l'échange et de la communication.

Toutefois, dans le domaine francoprovençal, contrairement à d'autres régions linguistiques, il ne s'est jamais développé de sentiment d'identité, lié à l'essor d'une langue de culture, illustrée par une littérature. Les parlers de type francoprovençal se caractérisent notamment par l'absence d'une normalisation, le patois se définit d'abord comme une variation de la langue dans l'espace. En Valais, la différenciation dialectale est extrêmement forte. En effet, la géographie, un terrain accidenté rendant les communications difficiles entre les villages des diverses vallées latérales, explique en partie le morcellement des patois. D'ailleurs, c'est en Valais que se manifeste au plus haut point la variation dialectale de sorte que l'on désigne régulièrement le patois comme celui de telle localité. Dans ce sens, on parle du patois de Chermignon ou du patois de Bagnes, du patois d'Hérémence ou du patois de Troistorrents.

En effet, le patois valaisan ou le francoprovençal valaisan n'existe pas en tant que tel, ce qui existe ce sont des parlers bien individualisés et attachés à un lieu donné, à une culture et à une collectivité.

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