Pasteurs-agriculteurs à la préhistoire

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La néolithisation

Le processus de néolithisation démarre au Proche-Orient, où la mise en place de l’économie agro-pastorale nécessite plusieurs millénaires, entre 13 000 et 7500 avant J.-C. Par la suite, cette innovation se propage rapidement en Europe pour atteindre la Suisse au cours du sixième millénaire. Les premiers témoins du Néolithique en Valais sont parmi les plus anciens de Suisse. Il est probable que la Néolithisation du Valais s’est faite par des pasteurs de la plaine du Pô et qu’ils ont utilisé les cols des Alpes pennines (Nufenen, Albrun, Théodule…).

Les premiers villages du néolithique ancien

Dans le Valais central, les premiers paysans s’implantent en plaine, sur les cônes d’alluvions et les coteaux de l’adret. Friches, champs cultivés et zones de pâture doivent se limiter à l’étage collinéen, non loin des villages. Dès cette époque, les prairies situées au-dessus de la limite supérieure de la forêt sont vraisemblablement exploitées pour l’estivage des troupeaux. De nombreux témoignages de la présence des premiers pasteurs-agriculteurs ont été répertoriés dans la région sédunoise (place de la Planta, collines de Tourbillon et de Valère, chemin des Collines, quartier Sous-le-Scex…). Les occupants de ces sites semblent avoir assimilé totalement la nouvelle économie, basée désormais sur l’agriculture et l’élevage. Ce sont ces premiers pasteurs et agriculteurs, qui en quelques siècles, vont intégrer le potentiel économique de la plaine du Rhône et des hautes altitudes.

Le néolithique moyen

Plus tard, au Néolithique moyen, les habitats s’échelonnent de Brigue au Chablais. Ils sont toujours situés en plaine, souvent sur des collines escarpées, comme par exemple celle de Tourbillon à Sion ou celle de la Soie à Savièse. Le besoin de nouvelles terres cultivables obligent peut-être les communautés à s’installer au-dessus de 900 mètres d’altitude. Quelques établissements nouveaux (Vex, Sembrancher, Vollèges…) sont créés aux débouchés des vallées latérales. Plus haut, en moyenne montagne, les territoires semblent délaissés. Quant à l’emprise de l’homme sur le milieu naturel, elle paraît plus de plus en plus marquée : la déforestation s’intensifie.

Le dynamisme propre au Néolithique valaisan s’affirme plus tard dans la culture dite de «Saint-Léonard», caractérisée notamment par des céramiques aux décors originaux. Elle couvre le territoire du Valais central et du Haut-Valais (Rarogne) ; dans le Bas-Valais, par contre, on observe des affinités plus marquées avec le Plateau suisse.

Dès le cinquième millénaire, les rituels funéraires du Valais sont très uniformes. Des nécropoles situées exclusivement en plaine et près des débouchés des vallées latérales livrent de nombreuses tombes de type « Chamblandes » (inhumation en coffre de dalles). Au cours des siècles, le mobilier déposé augmente progressivement en nombre et en richesse. La même tombe accueille plusieurs dépouilles. Autre type de témoignage, les gravures sur roche (roche de Saint-Léonard, menhirs de Sion…) dévoilent quelques aspects des croyances que les communautés de l’arc alpin partageaient.

Le néolithique final

Vers le milieu du quatrième millénaire, une dégradation climatique se fait sentir. Elle aurait entraîné une crise économique aux conséquences dramatiques générant des migrations de populations. Différents changements, notamment dans les pratiques funéraires, apparaissent à la fin du Néolithique. Les Rhodaniens abandonnent alors les sépultures enterrées et dressent les premiers dolmens monumentaux. Les sépultures renferment plusieurs dizaines de corps, comme par exemple dans la nécropole du Petit-Chasseur à Sion. On note également l’apparition de styles de céramiques totalement nouveaux, attribués à la culture campaniforme. L’étendue de cette nouvelle culture témoignerait de certaines mutations dans les sociétés de la fin du Néolithique, en relation avec le développement de la métallurgie du cuivre en Europe centrale. Ainsi, l’homogénéisation de certains traits culturels à si grande échelle serait le reflet de l’intensification générale des échanges. Par contre, il semble que ces modifications ne provoquent pas de changements dans la répartition de l’habitat dans la vallée du Rhône.

Bibliographie

  • Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002

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