Partage du pouvoir politique (1848-1914)
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Les radicaux et les conservateurs
Les transformations économiques et l’évolution des mentalités finissent par avoir raison du monopole politique de l’aristocratie. Les radicaux réussissent à s’ouvrir la porte du Conseil d’Etat, tandis que des mouvements de contestation interne obligent la direction du parti conservateur à admettre des nouvelles factions. Les premiers accommodements entre radicaux et conservateurs ont lieu dans le Bas-Valais, là où le parti radical est le plus fort. Pour désamorcer l’opposition, le parti conservateur du Bas accepte bientôt de porter sur ses listes des radicaux modérés. Cette politique aboutit à l’entrée, en 1893, d’un radical au Conseil d’Etat. Jules Ducrey est élu de justesse, mais dorénavant, l’un des cinq sièges de l’exécutif cantonal est réservé à un radical.
Alexandre Seiler et une contestation interne des conservateurs
Mais ce ne sont pas les radicaux qui inquiètent le plus le gouvernement de Torrenté. Dans le Haut-Valais et dans le centre, une contestation interne au parti conservateur se développe, portée par des hommes qui ont participé au développement économique récent du pays et qui réclament leur part de gâteau politique.
Riche entrepreneur touristique, Alexandre Seiler prend la tête de la contestation haut-valaisanne. Il reproche à l’aristocratie au pouvoir son immobilisme, sa peur de l’industrialisation et de l’ouverture économique. En 1903, le groupe Seiler lance un journal pour défendre ses idées, le Briger Anzeiger. La même année, paraît à Saint-Maurice le Nouvelliste valaisan, un journal qui se veut le « dévoué défenseur de l’agriculture, du commerçant, de l’industriel »…
La pétition de Seiler
Les groupes contestataires essaient d’abord de se faire entendre au sein du Grand Conseil, mais en vain. En 1904, Seiler lance une pétition qui demande une révision de la Constitution. Ses propositions vont dans le sens d’une augmentation des droits populaires : représentation proportionnelle, nomination du Conseil d’Etat et des députés au Conseil des Etats par le peuple, droit d’initiative, référendum facultatif en matière législative… Soutenue par les radicaux et par le Nouvelliste valaisan, la pétition recueille plus de 10000 signatures.
La constitution de 1907 et l'arrivée de Maurice Troillet
La Constitution acceptée par le peuple en 1907 ne reprendra pas toutes les propositions de Seiler, mais elle ouvre l’ère d’un nouveau conservatisme, sensible aux questions sociales et économiques. Les aristocrates qui s’étaient opposés au projet d’une nouvelle Constitution quittent le Conseil d’Etat : Henri de Torrenté démissionne en 1905, Charles de Preux s’en va en 1906. En 1913, c’est l’arrivée de Maurice Troillet et le début d’une nouvelle ère pour le Valais.
Bibliographie
- Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002
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