Origine des gisements
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Dans certaines conditions, les éléments susceptibles d'intéresser les hommes se concentrent en des points favorables jusqu'à former des masses économiquement exploitables. Avec sa richesse habituelle, le Valais va nous fournir des exemples des principaux mécanismes responsables de ces concentrations, qui peuvent être groupés comme des roches: magmatiques, métamorphiques et sédimentaires.
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Les mécanismes magmatiques
Lorsque la cristallisation d'un magma se produit, les éléments rares ont tendance à se concentrer dans le magma résiduel, souvent injecté dans les roches sous forme de filons plus ou moins épais. A ce type de formation se rattachent les veines riches en molybdénite (MOS2) de la partie occidentale du massif de l'Aar. Les exploitations restèrent modestes, alors que des forages assez importants cherchèrent à reconnaître l'importance de gisement. La même région s'est montrée riche en minerai d'uranium dont l'origine pourrait être liée à la mise en place des granites. A l'autre bout du canton, un filon uranifère a justifié le percement d'une galerie.
Les laves aussi peuvent contenir une certaine proportion d'éléments intéressants. Le cuivre, accompagné du zinc, de l'argent et de l'or caractérise les laves basiques, alors que les laves acides, rhyolitiques, sont riches en éléments radioactifs. Des concentrations furent localisées près d'Isérables, dans une galerie hydro-électrique, puis suivies jusque dans la région de Bourg-Saint-Pierre.
Les mécanismes métamorphiques
Les laves de la région alpine ont subi un léger métamorphisme et c'est sans doute ce qui a permis à leurs éléments de se concentrer. Que le métamorphisme augmente d'intensité et les caractéristiques métamorphiques s'accentueront. On retrouvera des minéraux en fissures, mais jamais en proportion intéressante (octaèdres de magnétite du Binntal) et des minéraux au sein de la roche. Les concentrations les plus intéressantes sont liées aux amphibolites qui sont d'anciennes laves. Ainsi auraient pris naissance des gisements comme celui de Salanfe où fut exploité l'or mélangé à du mispickel, un composé de soufre, d'arsenic et de fer.
Les gisements de cobalt et de nickel du Turtmanntal, auraient une origine identique, même s'ils sont localisés à une assez grande distance des amphibolites. La zone riche en cobalt et en nickel s'étend jusqu'au val d'Anniviers où les mines de Plantorin et de Grand Praz ont livré une centaine de tonnes de minerai: les seules exploitations qui furent bénéficiaires.
L'augmentation de température qui engendre le métamorphisme favorise la circulation des fluides et la migration de certains éléments qui ont tendance à aller se concentrer en certains points: on se rapproche des phénomènes magmatiques, avec l'apparition de filons hydrothermaux suivant les surfaces où circulent ces fluides minéralisateurs. Suivant la composition des fluides, se déposent soit des minerais (pyrite FeS2, galène PbS, blende ZnS, chalcopyrite CuFeS2 pour ne citer que les principaux), soit du matériel de remplissage appelé gangue par les mineurs (quartz, calcite).
C'est par dizaines que se comptent les grattages de nos ancêtres qui cherchaient à se rendre indépendant de l'étranger. Citons, parmi d'autres, quelques mines qui ont fourni plus d'une tonne de minerai: le col de Mines au-dessus de Verbier (cuivre et plomb), Siviez dans le val de Nendaz (plomb), Praz-Jean au val d'Hérens (plomb, zinc et argent), Moiry et Zinal (cuivre, bismuth), Goppenstein (plomb, zinc, argent). Gondo extrayait l'or de la pyrite, mais n'était rentable qu'en Italie où le fascisme utilisait des prisonniers politiques!
La mine des Trappistes un peu en aval de Sembrancher a connu une curieuse évolution. Il faut préciser à son sujet qu'une minéralisation se présente souvent sous forme complexe où alternent des zones parallèles aux bords du filon. Cette structure provient de l'ouverture progressive d'une fissure que colmataient les fluides hydrothermaux en y déposant leurs sels dissous; comme la composition de ces solutions changeait au cours du temps, la composition du remplissage changeait de même. Le plus souvent, le minerai est associé à des minéraux courants (quartz, calcite), constituants tous transportés par les solutions hydrothermales. Les mineurs ont donné le nom de gangue à ces minéraux qui ne présentent pas d'intérêt économique. Or à la mine des Trappistes, après plus d'un siècle d'exploitation, on s'avisa que la gangue contenait de la fluorine, un composé de fluor qui peut facilement être confondu avec du quartz. Depuis, c'est la fluorine qui a intéressé les exploitants et des travaux récents ont permis d'en estimer les réserves.
On a peu parlé, jusqu'à présent, du fer, ce métal précieux entre tous. Cependant le Valais a eu ses mines de fer, particulièrement au Mont-Chemin où une lentille de magnétite (oxyde de fer) a livré plusieurs milliers de tonnes de minerai. Cette lentille trouve son origine dans le jeu du métamorphisme agissant sur des roches basaltiques initialement riches en fer, donc un processus que nous connaissons déjà.
Les mécanismes sédimentaires
Plus intéressant quant à sa genèse, le gisement de fer de Chamoson a risqué d'être exploité, puisque la mine a mise en faillite alors que des travaux d'excavation allaient débuter! Il s'agit de sédiments du Dogger, des calcaires très riches en minéraux ferrifères nés sur le fond de la mer, comme le sédiment s'accumulait. Il est tout de même resté quelque chose de ce gisement, c'est la chamosite, une espèce minérale découverte et décrite pour la première fois dans la région de Chamoson.
Le val Ferret (d'où son nom?) a également connu une petite exploitation qui obligeait les mineurs à grimper sous la dalle de l'Amone pour atteindre un niveau de calcaires de Dogger riche en pyrite et en magnétite.
Les placers sont des gisements sédimentaires non cimentés. Il n'y a pas de tels gisements exploitables en Valais, mais l'extraction de minerai peut devenir intéressante si une exploitation de matériel meuble est menée à terme pour une autre raison. Ainsi, lors de la construction du barrage de la Grande-Dixence, un ingénieur eut l'idée de placer un puissant aimant le long des tapis transporteurs qui véhiculaient les sables et graviers extraits de la moraine de Blava, ce qui lui permettait de récupérer les grains de magnétite. C'est l'œuf de Colomb: il fallait y penser.
Bibliograhie
- Marcel Burri, Les roches, Martigny, 1994
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