Organisation politique et administrative à l'époque romaine

De Wikivalais

Sommaire

La politique d'intégration

Stèle funéraire de Veratius, Sion

La conquête romaine ne se traduisit vraisemblablement pas par des ruptures ; s’il y en eut, elles ne sont pas perceptibles au travers des vestiges archéologiques. Les agglomérations de plaine comme Martigny ou Massongex perdurent et sont occupées par la même population ; seuls les refuges de hauteur sont apparemment délaissés.

Les Romains mènent une politique d’intégration efficace : pour asseoir leur autorité, ils procurent de multiples avantages aux notables indigènes. L’émulation est donc vive parmi ces derniers. Le mode et le cadre de vie des Romains sont ainsi adoptés en douceur et sans contrainte. Grâce à cette politique, il semble que l’intégration du Valais à l’Empire soit bien vécue. Les Romains sont par exemple tolérants à l’égard des divinités locales et ne cherchent pas à imposer leur panthéon pour autant que les populations indigènes participent à leurs cultes. Il est par ailleurs évident que le patrimoine commun indo-européen des Gaulois et des Romains favorise cette intégration et ce d’autant plus que la culture celtique était très développée : il ne s’agissait donc pas d’apporter la civilisation à des «barbares».

Une période de prospérité

Loin des conflits de l’époque, le Valais connaît une période de prospérité dans un cadre politique et social stable, assurant la liberté de circulation et la sécurité des communications entre toutes les régions de l’immense Empire. Les contacts et les échanges de toute nature ont ainsi été favorisés. Les quelques soldats présents en Valais sont détachés de légions stationnées sur le Rhin; ils sont chargés d'assurer la sécurité de la route et celle du gouverneur de la province. Durant toute la période romaine, il n'y a ni garnison ni camp fortifié dans la région.

C'est le temps de la paix romaine, la pax romana.

Le long de la route du Grand-Saint-Bernard, on aménage des gîtes d'étapes (mansiones) et des relais (mutationes) et des refuges, comme par exemple au Plan de Barasson. Les Romains instituent, parfois en remplacement d’anciens péages, des postes de douane (notamment à Saint-Maurice) de la Quadragesima Galliarum, le «Quarantième des Gaules» (taxe de 2,5% prélevée sur toute marchandise franchissant les Alpes). La sollicitude des gouverneurs de la province se manifeste par l’édification ou la restauration de bâtiments publics, en particulier à Martigny. Ainsi, un aqueduc et un nymphée (fontaine publique) y sont construits sur l’ordre de l’empereur Valérien en 253 après J.-C.

L'organisation administrative

Le territoire valaisan est régi par une organisation administrative bien précise. Le gouverneur de la province, qui réside tantôt à Martigny, tantôt à Aime-en-Tarentaise, appartient à l’ordre équestre et porte le titre de praeses dès le IIIe siècle. En tant que procurator Augusti, il gère les biens de l’empereur ; il est aussi chargé de surveiller les administrations locales, de rendre la justice et de s’assurer de la viabilité des routes. Habituellement, il reste en poste trois à quatre ans et est aidé dans ses tâches par des militaires détachés de leur unité d’origine.

Sur le plan local, les civitates, entités administratives comprenant chacune le territoire d’une ethnie et son chef-lieu, sont administrées sur le modèle de Rome. Le pouvoir législatif est dans les mains des notables, qui constituent l’ordre des décurions (sénat local). Les chefs de l’exécutif, au nombre de deux (duumviri ou duoviri), sont chargés de la gestion générale et des finances de la cité. Ils sont aidés par deux édiles, responsables de la sécurité, de la police et de la surveillance des marchés.

Le statut des valaisans

Le statut des Valaisans de condition libre est celui de pérégrins, c’est–à-dire d’étrangers sur leurs propres terres. Toutefois, comme ils reçoivent le droit latin, ceux qui exercent une magistrature deviennent, avec toute leur famille, automatiquement citoyens romains. Comme tout autre entité politique, le Valais reçoit sans doute une constitution régissant le fonctionnement des institutions locales et les rapports avec le pouvoir impérial. On ne sait dans quelle mesure les coutumes ancestrales et l’ancien droit coutumier gaulois, oral, survivent à l’intégration dans l’Empire.

Bibliographie

  • Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002

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