Oiseaux d'eau

De Wikivalais

L’avifaune nicheuse de nos marais se limite désormais à une quinzaine d’espèces : l’eau libre, ceinturée de roselières, permet le séjour des oiseaux pêcheurs, des barboteurs, des coureurs et des fouilleurs. Manquent les grèves et les plages fragiles nécessaires aux limicoles, les marais à petites laîches et les molinaies, domaines des courlis et des bécassines.

Les étangs de Loèche, de Finges, de Montorge, le vieux Rhône de Saxon, les gouilles du Verney à Martigny et le lac de Morgins sont gelés. Tous les habitants de ces lieux, canards, grèbes, râles, poules d’eau et hérons ont filé vers des cieux plus cléments, seule Pouta-Fontana les retient. Cette réserve doit sa richesse à son étang qui ne gèle pas et à son canal à l’abri des dérangements.

Le cœur de l’hiver, avec ses froids de…canard, limite les lieux de séjour possibles. Tirant parti de cette situation, les ornithologues organisent deux recensements hivernaux des oiseaux d’eau à travers toute l’Europe, les deuxièmes dimanches de janvier et de mars. En Valais, ce recensement révèle que 150 à 300 canards colverts séjournent à Pouta-Fontana, souvent en compagnie d’une dizaine de sarcelles d’hiver, les bien nommées, d’une centaine de foulques et de quelques hérons cendrés. Les canaux de la plaine, le canal Stockalper en premier, n’hébergent que quelques dizaines de colverts. Le Léman permet d’observer des visiteurs plus rares comme le harle piette, les plongeons, les garrots, des milliers de morillons et de cormorans.

Harle bièvre, milouin, morillon et divers canards apparaissent occasionnellement en Valais central en hiver ; il s’agit le plus souvent d’erratiques ou d’égarés comme ce harle bièvre qui séjourna deux semaines sur le Rhône à Sion, à Noël 1990, ou ce harle piette à Pouta-Fontana en février 1991. On les voit plus fréquemment lors des passages de printemps et d’automne. A son échelle, Pouta-Fontana est au Valais ce que le Léman est à l’Europe : un refuge prioritaire. Le héron cendré et la mouette rieuse font bien sûr partie des oiseaux d’eau. Hors saison de nidification cependant, ces deux espèces recherchent volontiers leur pitance dans les champs, le premier aux dépens des campagnols et la seconde, des vers de terre mis au jour par les labours. En l’absence d’une importante couche de neige, le héron hiverne en nombre respectable dans les vastes champs labourés du Chablais ou du Haut-Valais. Des mouettes remontent de temps à autre jusqu’à Sierre et séjournent sur le Rhône assagi par les gravières à Riddes ou à Sion, par exemple.

Situation en Valais

On retrouve la plupart des oiseaux d'eau valaisans dans les rares îlots de zones humides, généralement devenues réserves naturelles, de la plaine. Depuis la plaine de Vionnaz, le Rosel, le Verney, les Chantons et les Durines (Martigny), le vieux Rhône de Saxon, le marais d'Ardon-Chamoson, les Epines et les Îles de Sion, Poutafontana et la Brèche, les gouilles de Pramont, le Rhône et les étangs de Finges et pour finir les étangs de Loèche. Les canaux de drainage peuvent eux aussi abriter diverses espèces.

Bibliographie

  • Pierre-Alain Oggier, La Faune, Martigny 1994

Articles connexes

Anatidés et palmipèdes :

Hérons, ardéidés :

Passereaux :

Rallidés :

Limicoles :



Outils personnels