Moraines
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Les moraines sont formées par le sable et les cailloux que les glaciers ont transportés, puis déposés lors de leur retrait. Elles diffèrent des éboulis par leur plus grande stabilité et la proportion importante de matériel fin. Elles constituent donc un milieu assez propice pour la végétation. Les moraines actuellement en voie de colonisation ont toutes été abandonnées après la dernière crue glaciaire qui a pris fin au début du XIXe siècle. Leur flore ressemble à celle des éboulis. C'est l'une des plus riches de l'étage alpin. Il suffit pour s'en convaincre de visiter les glaciers du haut val de Bagnes par exemple. Comme les cailloux proviennent d'endroits différents, leur nature est parfois très variée. Dès qu'une moraine contient une faible proportion d'éléments calcaires ou de serpentine, comme c'est le cas dans la région de Zermatt, elle présente une flore nettement plus riche qu'une moraine alimentée uniquement par des roches siliceuses.
La végétation des moraines a été particulièrement bien étudiée sur la rive gauche du glacier d'Aletsch, à l'étage subalpin, entre 1800 et 1970 m d'altitude. On peut distinguer cinq stades de colonisation. De 5 à 10 ans après le retrait des glaces, des petites plantes pionnières comme l'oxyria à deux styles ou la linaire alpine font leur apparition. Entre 25 et 30 ans, c'est l'installation du saule helvétique et d'autres saules buissonnants. Entre 30 et 60 ans, la dryade, le trèfle brun et le trèfle pâle remplacent les plantes pionnières du premier stade. Entre 60 et 100 ans, des espèces des landes comme le rhododendron ferrugineux s'implantent, tandis que se développe une première forêt clairsemée, constituée de mélèzes, d'épicéas, de bouleaux et de quelques trembles. Après 100 ans, le rhododendron s'accompagne de myrtille et d'airelle rouge. Il faut compter 120 à 150 ans pour qu'une jeune forêt d'aroles et de mélèzes se forme, et probablement plus de 1000 ans pour que sa composition floristique devienne stable. L'évolution de la végétation est donc rapide dans les cinquante premières années et beaucoup plus lente par la suite.
Bibliographie
- Philippe Werner, La Flore, Martigny, 1988
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