Monde paysan au XVIIIe siècle

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L'exploitation paysanne

Scène de labour sur une ancienne auberge, Lens

La situation de l’exploitation paysanne de la fin du Moyen-Age est toujours valable sous l’Ancien Régime. Le paysan dispose avec une grande liberté des terres qu’il tient des seigneurs, mais son patrimoine est peu important. La petitesse de son exploitation ne l’empêche pas de privilégier la dispersion des parcelles à travers le terroir, pour profiter au mieux des micro-climats, notamment de l’exposition au soleil. Il peut ainsi diversifier les cultures et être mieux protégé contre le gel et autre intempérie. Comme le constate l’abbé Clément (1736-1810) dans le val d’Illiez, ce besoin de diversification des cultures conduit fatalement à un morcellement foncier préjudiciable à la rentabilité ; d’autre part, ces partages incessants induisent d’interminables querelles, car en l’absence de cadastres les limites des propriétés sont sans cesse contestées. En outre, l’abbé critique le fait que l’élevage bovin et ovin est mal nourri. Les pâturages sont surtout des terres peu fertiles et pierreuses, non utilisables pour les cultures.

Les charges paysannes

Elles sont nombreuses. La plus lourde est la dîme, c’est-à-dire la part des fruits de la terre versée par les fidèles au clergé. Il y a ensuite les redevances féodales, notamment les cens que les paysans, en reconnaissance de la concession des tenures, acquittent à leurs seigneurs, ainsi que dans certains endroits, l’alpéage, ou part de denrées prélevées l’été sous forme de fromages. Toutes ces taxes sont perçues, pour l’essentiel, en nature, en quartanes de seigle – chaque quartane valant 12 litres. C’est l’Eglise qui se taille la plus grosse part. Notons cependant qu’une partie de la dîme revient à la population, sous la forme d’aumônes pour les pauvres et qu’elle sert à faire vivre le curé. Les paysans doivent aussi payer le loyer de la terre, des taxes occasionnelles, et doivent exécuter des travaux sans rémunération, comme la réfection des chemins, bisses et ponts. Finalement, on peut dire que le paysan peut se trouver dans une situation très précaire lorsqu’il a des mauvaises récoltes, des épizooties et des désastres climatiques.

L'alimentation des paysans

Elle est peu variée. Cette pauvreté de nourriture résulte principalement du souci des familles paysannes d’acheter le moins possible en dehors de leur exploitation. Le Valais produit à peu près tout ce qui lui est nécessaire pour vivre, sauf le sel. Le Haut-Valais, par exemple, dès avant le XVe siècle, exporte du bétail, de la graisse, des fromages et des cuirs vers l’Italie, pour se procurer le sel et le vin italien, moins cher que celui du pays. Les échanges se font parfois par le système du troc car l’argent est rare chez le petit paysan.

L'économie

Au XVIIIe siècle, le Valais exporte de nombreux produits agricoles, des porcs, des bovins, des moutons, des châtaignes, de la laine et des produits manufacturés, comme les draps de laine du val d’Illiez. Il importe, outre le sel, des étoffes de laine, des outils et objets de métal, et même de l’eau minérale venue de Gurnigel, près de Thoune. La Diète condamne le colportage, mais elle est impuissante à empêcher cette pratique.

En pleine période révolutionnaire, les montagnards valaisans franchissent les frontières pour acheter ou vendre du bétail en Savoie. N’oublions pas que « la contrebande est l’un des aspects de l’économie globale d’Ancien Régime et pas seulement une activité marginale ou accessoire. Elle permet à des milliers de personnes de vivre un peu mieux pour la plupart, de s’enrichir pour quelques-uns […] ».

Au XVIIIe siècle, de nouveaux produits pénètrent en Valais. La consommation du tabac se répand, ainsi que les horloges, baromètres, parasols, parapluies et chocolat. Un commerce en augmentation et l’arrivée des premiers touristes contraignent la Diète à s’occuper des routes et des chemins, dont l’état ne permet pas d’installer un système régulier de diligences. Un service est inauguré entre Lausanne et Saint-Maurice en 1796.

Bibliographie

  • Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002

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