Mathieu Schiner et Georges Supersaxo

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Au XVIe siècle, deux personnalités importantes vont s’affronter : Mathieu Schiner et Georges Supersaxo.

Sommaire

La confrontation de Schiner et de Supersaxo

Mathieu Schiner consacre les premières années de son épiscopat à son diocèse et les historiens s'accordent à reconnaître qu'il est bon évêque. Mais la politique extérieure l'accapare très vite, le conduit loin du Valais et le brouille avec Georges Supersaxo, son ancien protecteur et allié. Cette lutte incarne aussi l'antagonisme entre le tempérament très autoritaire du prince-évêque souverain, imbu de ses droits, et les ambitions des dizains, dont la résistance est galvanisée par une personnalité aussi forte que celle de son adversaire. Ces deux personnages sont violents, autoritaires, ils aiment l'argent, le luxe et le faste.

Ce conflit inexpiable est rythmé, du côté du prince-évêque, par les emprisonnements, la torture, les condamnations arbitraires et les excommunications, et du côté de Supersaxo, par les levées de la Matze, les émeutes, les destructions, les pillages et les exécutions sommaires. Le Valais est conduit au bord de la guerre civile.

Dès avril 1510, Supersaxo lève la Matze contre Schiner, qui l'excommunie aussitôt. En 1514, pour affermir son pouvoir temporel et mettre un terme à l'application des Articles de Naters, Schiner fait établir une nouvelle rédaction du droit statutaire du pays, qui vise à préserver les droits régaliens de l'Eglise. Le 12 septembre 1517, Supersaxo prend sa revanche politique par la proclamation de la « paix des Patriotes », dans laquelle ceux-ci revendiquent la direction de la politique du pays et prévoient le remplacement du prince-évêque, au cas où il serait absent du Valais pendant plus de six mois. Schiner est frappé d'ostracisme. Il ne peut revenir en Valais et meurt à Rome en 1522, après avoir failli être pape.

Le rôle de Mathieu Schiner

Les Valaisans sont fiers de Schiner car il joue un rôle important dans l’Occident chrétien. Il réussit, en effet, à infléchir selon ses propres vues la politique internationale de son temps, en étant l'un des acteurs principaux des guerres d'Italie. Comprenant que le pouvoir temporel de l'Eglise est menacé en Europe, il décide de le défendre. Il veut faire l'unité de l'Italie au profit de la papauté et il n'hésite donc pas à envoyer des Suisses sur les champs de bataille italiens, contribuant ainsi à renforcer la cohésion de la Confédération et à faciliter le rattachement du Tessin à la Suisse. Cependant, on peut lui reprocher plusieurs points: le fait que le contrôle du Milanais échappe aux Suisses au profit des Espagnols et le fait qu'il contribue à la détérioration de l'image d'une papauté plus préoccupée par le recrutement des mercenaires et la guerre que par la réforme de l'Eglise. Il aurait dû pousser le Pape à plus de prudence face à ce nouveau mouvement. Il va donc à contre-courant de l'Europe des « nations », son idéal politique et religieux d’un monde chrétien, dominé par le pape et l’Empereur ne correspond plus aux forces dynamiques de son époque.

Georges Supersaxo

Il se sert de son activité notariale pour accaparer les charges de châtelain et accroître sa puissance, n'hésitant pas à utiliser la « chasse aux sorcières » pour confisquer les biens de ses adversaires. Il déclenche une vaste enquête contre les soi-disant "déviants", ce qui lui facilite la reprise en mains du val d'Anniviers. Il est chassé par la Matze et meurt à Vevey en 1529. Supersaxo n'a pas de biographe mais une étude de sa vie permettrait de mieux connaître la réelle force économique et sociale de l'élite et, en particulier, les relations de clientèle qui tissent des liens verticaux à travers l'ensemble des couches de la société.

La Matze par Raphaël Ritz

La Matze

Massue de bois, taillée grossièrement pour lui donner la forme d’une tête humaine, emblème du soulèvement du peuple contre ses oppresseurs aux XVe et XVIe siècles. […]La levée de la Matze est un défi, voire un appel à l’élimination de l’oppresseur, car la massue symbolise l’arme primitive donnant la mort. On dresse la Matze […] à un endroit où un très grand nombre de gens sont susceptibles de passer. Chacun y plante un clou[…] ; ce geste scelle l’engagement de la personne à l’action entreprise pour restaurer la justice : c’est la marque du ralliement.

Bibliographie

  • Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002

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